Le Nutri-Score décodé

17 avril 2019 / Conseils et astuces , Prevention

Le Nutri-Score avait déjà fait son apparition dans nos supermarchés courant 2018, lorsque la ministre de la Santé, Maggie De Block, avait annoncé son adoption prochaine en Belgique. Il est désormais lancé officiellement dans notre pays. Quels sont les pour et les contre ? Et comment équilibrer ses achats grâce à son smartphone ? 

Le Nutri-Score décodé

Qu'est-ce que le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel qui attribue un label à un produit alimentaire en fonction de sa valeur nutritionnelle. Grâce à une lettre et une couleur allant du A vert au E rouge, le Nutri-Score permet de voir en un coup d’oeil si un produit alimentaire est plus ou moins sain.

Le calcul du Nutri-Score prend en compte à la fois les éléments positifs et négatifs d’un aliment. La teneur en sucres, en acides gras saturés ou en sel et l’apport calorique ont une influence négative sur le score. À l’inverse, la teneur en fruits, légumes, fibres ou protéines va l’améliorer. Le score global, allant de -15 pour les produits les plus recommandables à +40 pour ceux à éviter, définit la lettre et le code couleur correspondant.

Le label n’est pas obligatoire, mais les grands acteurs de la distribution (Carrefour, Colruyt, Delhaize et Intermarché) semblent l’avoir déjà intégré à la plupart de leurs produits et à leur stratégie de communication. La Ministre espère cependant que le label sera adopté par de plus en plus de producteurs et de distributeurs, même si elle sait que cela prendra du temps. Pour l’instant, 25% des produits présents dans nos rayons ont déjà leur Nutri-Score.

Le Nutri-Score vous en apprend plus sur la qualité nutritionnelle de vos aliments

Le calcul du Nutri-Score

Le label Nutri-Score affiché sur les produits se base sur les compositions nutritionnelles de 100g de produit tel qu'il est vendu et prend en compte deux facteurs :

  • des facteurs nutritionnels à limiter (si consommation excessive) : l’énergie (kJ/100g), les acides gras saturés (g/100g), les sucres simples (g/100g) et le sel (mg/100g).
  • des facteurs nutritionnels à favoriser : les fibres (g/100g), les protéines (g/100g), les fruits et légumes, légumineuses et fruits à coque (g/100g).

Le calcul fait la balance entre les nutriments bénéfiques (fruits, légumes, fibres et protéines) et les plus néfastes (graisses saturées, sucre, sel et calories).

Il existe 4 catégorisations du Nutri-Score : les aliments solides, les fromages, les graisses ajoutées et les boissons. Cela veut dire que la pondération des éléments est différente pour le calcul du Nutri-Score de ces 4 catégories, mais le label utilisé est le même.

Si vos produits préférés n’ont pas encore de Nutri-Score affiché sur l’emballage, vous pouvez le calculer vous-même, par exemple sur le site de Colruyt.

Les avantages du Nutri-Score

Le but du Nutri-Score est bien évidemment de favoriser le choix d’une alimentation plus saine par les consommateurs et ainsi de participer à la lutte contre l'augmentation des maladies cardiovasculaires, de l'obésité et du diabète.

Soucieux d’informer les consommateurs de manière simple et claire, il permet de faire des choix avisés sur les aliments et même de comparer plusieurs produits entre eux en un coup d’oeil. Plus besoin de se casser la tête sur le tableau nutritionnel qui se trouve sur chaque emballage et qui est souvent peu lisible. De plus, il est validé scientifiquement.

Le consommateur, lui, adhère à ce système à plus de 90% ! Et Test Achats l’affirme, depuis l’apparition du Nutri-Score, la qualité nutritionnelle du caddie du ménage augmente.

L’on peut aussi espérer, à plus long terme, une amélioration dans la composition des aliments transformés, selon les effets de la logique concurrentielle. Le consommateur en demande du Nutri-Score ‘obligera’ le producteur à afficher celui-ci sur ses emballages. Comme il n’aura pas envie d’afficher un score E, il fera des efforts pour améliorer son produits, pour qu’il devienne meilleur pour la santé…

Les limites du Nutri-Score

Là où le bât blesse encore pour certains, c’est que le Nutri-Score n’est pas tout à fait complet. Pour l’association de consommateurs Test-Achats par exemple, il manque encore la prise en compte d’additifs ou d’arômes.

L’UPDLF, quant à elle, reste vigilante également et précise que les professionnels recommandent toujours les aliments bruts. Le Nutri-Score étant, de façon générale, attribuée plutôt aux aliments transformés et aux plats préparés.

Une dernière limite peut-être, c’est que le Nutri-Score ne fait jamais mention de la portion suggérée pour un aliment, qui peut être noté ‘A’ en quantité raisonnable, mais ne peut pour autant être consommé sans limites.

Mais saviez-vous que le Nutri-Score n'est pas le seul outil dont vous disposez pour équilibrer vos courses ? Votre smartphone peut par exemple être votre meilleur allié pour traquer les excès de certains aliments, et ce grâce à certaines applis dédiées. 

Yaka scanner avec Yuka

Vous avez récemment croisé dans les rayons de votre supermarché un client photographiant des produits avec son smartphone ? Rassurez-vous : vous n’avez pas eu affaire à un fétichiste de la boîte de conserve ou du paquet de pâtes, mais plus probablement à un utilisateur convaincu de l’application Yuka.  

Dernière hype en date sur le marché bouillonnant des applis et débarquée tout récemment en Belgique, Yuka vous permet d’obtenir d’un simple coup de scan un verdict sur la qualité diététique d’un produit alimentaire ou cosmétique. 

Il vous suffit donc de cadrer avec l'appareil photo de votre smartphone le code-barres du produit pour obtenir instantanément une appréciation, allant de mauvais à excellent, ainsi qu’une cotation sur 100. Vous verrez aussi les défauts ou qualités du produit justifiant sa cotation. Par exemple une trop forte teneur en graisses saturées, sucres ou additifs, ou a contrario la présence de protéines ou autres fibres. 

L’application propose en outre des alternatives plus saines aux produits mal cotés… même si dans la pratique ce bloc ‘Alternatives’ a lors de notre test souvent affiché le message « Yuka n’a pas trouvé de meilleure alternative pour ce produit ». 

Yuka, une appli indépendante des marques

Dès le moment où un outil gratuit propose de conseiller un produit plutôt qu’un autre, se pose la question de ses éventuels liens avec l’industrie alimentaire ou autres distributeurs. Et de ce côté-là, les choses sont claires : Yuka se présente comme une application 100 % indépendante, dont les évaluations et recommandations se font de manière objective. 

Cette objectivité revendiquée se fonde sur l’utilisation de la base de données Open Food Facts, qui fonctionne sur le même modèle collaboratif que Wikipédia. Si certaines marques participent à Open Food Facts en fournissant des données pour leurs produits, il est selon les dires de Stéphane Gigandet, créateur de l’initiative, exclu qu’elles contribuent de près ou de loin à son financement. 

Et puisqu’il est question de financement, signalons aussi que Yuka annonce baser ses revenus sur un programme de nutrition payant (comparable à celui que propose gratuitement notre application Vitalité) ainsi que sur son offre premium proposant quelques fonctionnalités supplémentaires. 

L’avis de la diététicienne

Yuka est donc l’outil tout indiqué pour faire vos courses en connaissance de cause, et éliminer de votre caddie des produits beaucoup moins sains que ce que leur packaging ou leur marketing pourraient laisser croire. Pour en avoir le cœur net, nous avons demandé un avis à Marie-Noëlle Pirnay, diététicienne agréée et membre de l’UPDLF.  

 « Ce que je trouve positif dans cette appli ? Elle propose une alternative plus saine à certains produits. J’apprécie aussi le fait qu’elle explique le pourquoi de ses cotations : trop d’additifs, trop d’acides gras saturés, trop de sucre… Elle s’intéresse aussi aux produits cosmétiques… et pourquoi pas, car ils sont souvent bourrés de perturbateurs endocriniens qui causent aussi une prise de poids. 

Ce que je trouve moins convaincant ? Une certaine absence de nuance dans l’appréciation : un produit qui obtient 51 % est considéré comme bon, alors que celui qui décroche un 49 % sera catalogué comme mauvais. Je vois aussi que des crackers contenant des bonnes graines sont mal cotés car ils sont trop salés… mais le pain contient aussi trop de sel ! 

Au global, je trouve que cette appli gratuite est intéressante. Yuka mérite d’être connue, mais attention : n’oublions pas que ses conseils ne sont pas personnalisés et qu’il n’y a pas d’indications sur les proportions dans lesquelles le produit devrait être consommé. Pour ces conseils,  rien ne vaut une bonne diététicienne !
» 

Conclusion

Dans le cadre d’une alimentation équilibrée, le Nutri-Score peut vraiment aider à faire de meilleurs choix alimentaires. En comparant plusieurs produits similaires entre eux, par exemple. Cependant, il reste important de garder les aliments bruts (non transformés) comme partie dominante de notre régime alimentaire. Les diététiciennes de l’UPDLF recommande qu’ils représentent 3/4 du panier d’achat. Le dernier 1/4 peut être constitué d’aliments transformés, pour lesquels le Nutri-Score est une excellente référence. De même, certaines applis smartphone comme Yuka sont des outils pertinents pour éclairer vos choix en magasin.

Un dernier conseil reste tout de même de continuer à lire la liste des ingrédients et la composition des aliments, pour prendre conscience de ce qu’on mange.

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