Le dépistage, une arme efficace contre le cancer

13 février 2018 / Prevention et soins - Maladies graves et chroniques

Des habitudes saines contribuent à diminuer les risques de cancer, mais le dépistage constitue le point de passage incontournable dans les stratégies de prévention. 

Le dépistage du cancer du sein est une étape incontournable de la prévention.

Au fil des années, les progrès médicaux ont permis de diminuer le risque de mortalité en cas de cancer, grâce aux progrès au niveau des traitements mais aussi des dépistages. Une tendance positive et encore plus significative pour le cancer du sein selon le Dr Jean-Benoît Burrion, responsable du service de dépistage à l’institut Bordet. 

« La mortalité par cancer du sein diminue de 2 % par an. Nous le devons aux progrès des prises en charge thérapeutiques mais aussi aux pratiques de prévention. Un bémol tout de même, l’incidence du cancer du sein en Belgique est la plus élevée au monde, une caractéristique peu enviable pour laquelle nous n’avons pas encore d’explication. »

La vigilance du patient en premier lieu

Tout démarre de la vigilance des patients. « On peut agir sur le risque de mourir d’un cancer du sein, moins sur le risque d’en développer un. Une bonne partie du risque est liée au hasard. La prévention ne s’arrête pas au cancer du sein : elle est globale pour tous les cancers », poursuit le Dr Burrion. 
« Un style de vie et une hygiène sains peuvent faire la différence. S’abstenir de fumer, manger mieux, boire moins d’alcool, pratiquer une activité physique régulière… Pour diminuer spécifiquement le risque de cancer du sein, dans la mesure où c’est possible, il vaut mieux éviter les hormones de substitution à la ménopause. »

Systématiser le dépistage

Depuis 2001, les pouvoirs publics financent cette démarche qui donne l’occasion aux femmes de 50 à 69 ans de bénéficier tous les 2 ans d’une mammographie gratuite. Ce dépistage organisé a également permis une amélioration des pratiques selon le Dr Burrion. « Plusieurs éléments ont été mis en place : double lecture des mammographies, visite obligatoire des mammographes tous les 6 mois par un radiophysicien, enregistrement des données, formation continue… » Le dépistage permet d’identifier les cancers à un stade précoce et donc de diminuer la mortalité par cancer du sein.

Éviter le surdiagnostic des cancers

Le Dr Burrion pointe cependant quelques inconvénients :

  • Le surdiagnostic : le fait de trouver et traiter des tumeurs qui n’auraient jamais posé problème concerne 1 cancer détecté sur 5.
  • Les cancers d’intervalle : 1 cancer diagnostiqué sur 4 passe à travers les mailles du filet.
  • Les faux positifs : 5 à 10 % des femmes passent des examens complémentaires qui ne montrent rien.
Chaque femme doit donc prendre la décision d’un dépistage en pesant le pour et le contre.

Nouvelle stratégie de dépistage

Pour limiter ces inconvénients, l’idée d’une stratégie de dépistage tenant compte du niveau de risque s’impose progressivement. « On prend en compte les antécédents et l’histoire familiale, la densité mammaire et le polymorphisme génétique. En combinant ces facteurs, on peut observer 4 strates de risque : bas, moyen, modéré, élevé. La catégorie “très élevée” concerne les femmes avec une mutation du gène BRCA1 ou 2. Pour ce niveau de risque, des dispositions existent déjà en Belgique. »

Le dépistage : bonnes pratiques

On dit toujours qu’une femme sur 9 aura un cancer du sein, mais il s’agit du risque pour toutes les femmes, calculé sur toute une vie. Quoi qu’il en soit, le dépistage est recommandé à partir de 50 ans. En ce qui concerne le cancer du col de l’utérus, il se pratique à partir de 25 ans, tous les 3 ans sans oublier la vaccination contre les infections liées au papillomavirus humain à partir de 14 ans. Le dépistage du cancer du côlon est également recommandé à partir de 50 ans. 
 
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