Aller au contenu principal
Cinq femmes d’âges et d’origines différentes discutent en souriant.

Le cœur des femmes en danger

Santé / Femmes

Contrairement aux idées reçues, les maladies cardiovasculaires ne concernent pas uniquement les hommes. En 15 ans, les infarctus avant 50 ans ont même triplé chez les femmes. Pourquoi ? Manque d’information, prévention insuffisante et consultations tardives. Le Dr A. Defaee, cardiologue aux Cliniques de l’Europe, nous éclaire.

   

Rencontre avec Dr A. Defaee, cardiologue aux Cliniques de l’Europe 

Les maladies cardiovasculaires sont la 1ère cause de mortalité chez les femmes. Pourtant, ce risque reste encore largement sous-estimé, y compris par les femmes elles-mêmes. Pourquoi selon vous, et quelles sont les conséquences ?

Dr A. Defaee : "Ce que je constate tout d’abord, c’est que les femmes jouent encore souvent le rôle de "soignante" pour leur famille : elles s’occupent beaucoup de la santé de leurs enfants et de leurs proches, mais assez peu de la leur. Elles ont tendance à s’oublier. Ensuite, dans l’esprit collectif, les maladies cardiovasculaires restent perçues comme un problème d’hommes. Les campagnes de prévention ont longtemps ciblé le public masculin. Résultat, les femmes ont été délaissées, autant dans la sensibilisation que dans la recherche. Enfin, leurs symptômes sont encore trop souvent minimisés ou mal compris.

Tout cela retarde la prise en charge. Dans ma pratique, je vois très régulièrement des femmes qui consultent trop tard, quand la prévention n’est plus possible et que la maladie est déjà installée. Or, plus le diagnostic arrive tard, plus le pronostic est mauvais."

Les facteurs de risque cardiovasculaire sont-ils les mêmes chez les femmes que chez les hommes ?

Dr A.D. : "On retrouve bien sûr les grands classiques comme le surpoids, le tabac, le manque d’exercice physique… Mais il existe aussi des spécificités féminines. Par exemple, une grossesse compliquée, avec de l’hypertension ou du diabète, augmente le risque cardiovasculaire plus tard.

La ménopause est aussi une période clé. Les œstrogènes jouent un rôle protecteur pour le cœur, et quand leur taux baisse, le risque augmente. Enfin, certaines maladies auto-immunes, plus fréquentes chez les femmes, favorisent elles aussi les problèmes cardiovasculaires. Or tous ces facteurs ne sont pas toujours bien pris en compte lors des dépistages."

Les symptômes sont-ils différents chez les femmes ? Comment ne pas passer à côté de quelque chose de grave comme un infarctus ?

Dr A.D. : "Certains symptômes sont communs aux deux sexes, mais il existe, là encore, des spécificités féminines. Par exemple, cette fameuse douleur thoracique largement évoquée chez les hommes en cas d’infarctus n’est pas toujours ressentie chez les femmes qui signalent plus souvent des symptômes moins typiques, comme un essoufflement soudain, des étourdissements, des sueurs.

Des symptômes digestifs comme des nausées, des vomissements ou des douleurs dans l’estomac peuvent aussi être observés en cas d’infarctus chez la femme et doivent alerter."

Enfin, quels conseils donneriez-vous aux femmes qui nous lisent pour protéger leur cœur ?

Dr A.D. : "Je leur dirais avant tout de penser à elles. De bouger dès qu’elles le peuvent, même un peu chaque jour, car l’activité physique reste la meilleure alliée du cœur. Je recommande aussi de faire contrôler sa tension au moins une fois par an, c’est un geste simple, mais essentiel. Enfin, à la ménopause, je leur conseillerais de faire un bilan cardiovasculaire : cela permet de repérer d’éventuels risques et d’agir avant qu’il ne soit trop tard."

Contraception et tabac : attention danger

Associé à la prise de contraceptifs contenant un œstrogène de synthèse (pilule, patch…), le tabac représente un réel danger pour les femmes. En effet, la combinaison des deux augmente le risque de formation de caillots sanguins (thrombose) et donc d’accident cérébral ou d’infarctus du myocarde. Si vous êtes concernée, demandez conseil à votre médecin généraliste ou gynécologue.

Partenamut vous soutient en remboursant jusqu’à 100 €/an pour vos médicaments et substituts de nicotine et également jusqu’à 195 €/an tous les 2 ans pour vos suivis chez un tabacologue.

Découvrir l'Avantage

Ceci vous intéressera