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Acouphènes persistants, audition fragilisée, concerts et festivals à plein volume… les agressions sonores du quotidien sont bien réelles et souvent irréversibles. Pourtant, quelques gestes simples suffisent à protéger durablement votre capital auditif. Faisons le point avec le Docteur Marc Vander Ghinst, Directeur du service d’ORL et de Chirurgie cervico-faciale. CUB-Hôpital Erasme. Université Libre de Bruxelles.
Ce qu'il faut retenir
Les acouphènes subjectifs sont de loin les plus répandus : bourdonnements et sifflements perçus uniquement par la personne concernée.
Les acouphènes objectifs sont plus rares. Souvent décrits comme rythmiques ou pulsatiles (calqués sur le rythme cardiaque), ils correspondent à un son produit à l'intérieur du corps — par exemple le bruit du sang circulant dans un vaisseau du cou — que le médecin peut parfois percevoir lui-même lors de l'auscultation. Ces acouphènes nécessitent un bilan spécifique, notamment radiologique. Bonne nouvelle : contrairement à la plupart des acouphènes subjectifs, une bonne partie d'entre eux peut aujourd'hui bénéficier de traitements très efficaces, rendus possibles ces dernières années seulement. Si vos acouphènes sont pulsatiles ou invalidants, ou si vous n'avez pas eu de bilan complet et récent, il est important de consulter à nouveau un spécialiste.
Les origines sont souvent multifactorielles. On retrouve fréquemment :
Il n'existe pas de traitement curatif universel des acouphènes subjectifs chroniques. La prise en charge repose d'abord sur un bilan ORL et auditif afin d'identifier une cause traitable ou une perte auditive associée. L'objectif principal est de réduire l'impact des acouphènes sur la qualité de vie.
Les recommandations médicales actuelles s'articulent autour de plusieurs axes complémentaires :
Des thérapies innovantes bimodales, comme le Lenire (combinant stimulation sonore et stimulation linguale), montrent également des résultats encourageants et ouvrent de nouvelles perspectives pour les patients.
Certaines approches comme la relaxation, la sophrologie ou l'acupuncture peuvent aider certains patients à mieux gérer le stress associé aux acouphènes. Elles ne font pas partie des traitements recommandés en première intention, mais peuvent être envisagées en complément d'une prise en charge médicale structurée.
Bon à savoir
En cas d'acouphènes persistants ou invalidants, ou si vous n'avez pas bénéficié d'un bilan récent, consultez un médecin ORL. La prise en charge a beaucoup évolué ces dernières années et des options thérapeutiques efficaces existent.
Rock Werchter, Tomorrowland, Les Ardentes, Dour, Couleur Café… la Belgique est une véritable terre de festivals. Ces événements sont des moments de joie et de partage, mais le volume sonore y dépasse régulièrement les seuils que l'oreille peut tolérer sans dommage. Or, une fois abîmée, l'oreille interne ne se répare pas.
Une exposition à des sons dépassant 85 décibels suffit à détériorer les cellules sensorielles de l'oreille interne et à accélérer le vieillissement auditif, voire à provoquer des acouphènes. Plus le volume est fort, plus les dégâts sont rapides — même lors d'une courte exposition.
Éloignez-vous le plus possible des enceintes et des haut-parleurs.
Bouchons en mousse ou en cire, casques anti-bruit… plusieurs solutions existent. La plus efficace pour combiner protection optimale et qualité d'écoute reste toutefois les bouchons otoplastiques sur mesure, réalisés par un audiologue agréé INAMI. Leur coût avoisine la centaine d'euros — un investissement largement rentabilisé par les années d'audition préservées. Partenamut intervient à hauteur de 30 euros par paire de bouchons, une fois tous les 5 ans.
Les enfants sont particulièrement vulnérables aux agressions sonores : leur audition est plus sensible et une exposition même brève à un volume trop élevé peut suffire à déclencher des acouphènes ou à provoquer des lésions durables. Il est donc essentiel de les sensibiliser tôt et de les équiper de protections auditives adaptées lors de tout événement bruyant.
Pour les adolescents, le principal danger vient de l'écoute prolongée au casque ou aux écouteurs. Les spécialistes de la santé recommandent de respecter la règle des 60/60 : ne jamais dépasser 60 % du volume maximum et limiter l'écoute à 60 minutes sans pause. Une règle simple, à afficher sur le frigo !