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Vos oreilles méritent toute votre attention

Prévention / Audition

Acouphènes persistants, audition fragilisée, concerts et festivals à plein volume… les agressions sonores du quotidien sont bien réelles et souvent irréversibles. Pourtant, quelques gestes simples suffisent à protéger durablement votre capital auditif. Faisons le point avec le Docteur Marc Vander Ghinst, Directeur du service d’ORL et de Chirurgie cervico-faciale. CUB-Hôpital Erasme. Université Libre de Bruxelles.

Ce qu'il faut retenir

  • L'oreille interne est fragile et irréparable : mieux vaut prévenir que guérir.
  • 85 dB est le seuil à ne pas dépasser pour préserver son audition.
  • Des protections auditives adaptées (bouchons, casque) réduisent considérablement les risques.
  • En cas d'acouphènes persistants, pulsatiles ou invalidants, consultez un médecin ORL : la prise en charge a beaucoup progressé.
  • La règle des 60/60 pour les écouteurs vaut pour tous, enfants comme adultes.

Deux formes à connaître

Les acouphènes subjectifs sont de loin les plus répandus : bourdonnements et sifflements perçus uniquement par la personne concernée.

Les acouphènes objectifs sont plus rares. Souvent décrits comme rythmiques ou pulsatiles (calqués sur le rythme cardiaque), ils correspondent à un son produit à l'intérieur du corps — par exemple le bruit du sang circulant dans un vaisseau du cou — que le médecin peut parfois percevoir lui-même lors de l'auscultation. Ces acouphènes nécessitent un bilan spécifique, notamment radiologique. Bonne nouvelle : contrairement à la plupart des acouphènes subjectifs, une bonne partie d'entre eux peut aujourd'hui bénéficier de traitements très efficaces, rendus possibles ces dernières années seulement. Si vos acouphènes sont pulsatiles ou invalidants, ou si vous n'avez pas eu de bilan complet et récent, il est important de consulter à nouveau un spécialiste.

Pourquoi apparaissent-ils ?

Les origines sont souvent multifactorielles. On retrouve fréquemment :

  • un traumatisme acoustique (explosion sonore, concert sans protection…)
  • une perte auditive liée à l'âge
  • des lésions de l'oreille interne
  • une infection ou un bouchon de cérumen
  • la prise de certains médicaments
  • des carences alimentaires ou des problèmes vasculaires
  • le stress et l'anxiété, deux facteurs particulièrement aggravants

Comment soulager les symptômes ?

Il n'existe pas de traitement curatif universel des acouphènes subjectifs chroniques. La prise en charge repose d'abord sur un bilan ORL et auditif afin d'identifier une cause traitable ou une perte auditive associée. L'objectif principal est de réduire l'impact des acouphènes sur la qualité de vie.

Les approches les mieux établies

Les recommandations médicales actuelles s'articulent autour de plusieurs axes complémentaires :

  • Bilan ORL et audiologique : première étape indispensable pour identifier une cause traitable.
  • Appareillage auditif : lorsqu'une perte auditive est présente, un appareil auditif peut réduire significativement la gêne.
  • Thérapie cognitive et comportementale (TCC) : approche la mieux validée pour réduire la détresse liée aux acouphènes, modifier les pensées négatives et améliorer la qualité de vie.
  • Prise en charge du sommeil et de l'anxiété : ces deux facteurs amplifient souvent la perception des acouphènes et méritent une attention spécifique.
  • Enrichissement sonore : dans certains cas, l'utilisation de générateurs de bruit ou de sons environnants peut atténuer la perception des acouphènes.

Des thérapies innovantes bimodales, comme le Lenire (combinant stimulation sonore et stimulation linguale), montrent également des résultats encourageants et ouvrent de nouvelles perspectives pour les patients.

Les approches complémentaires

Certaines approches comme la relaxation, la sophrologie ou l'acupuncture peuvent aider certains patients à mieux gérer le stress associé aux acouphènes. Elles ne font pas partie des traitements recommandés en première intention, mais peuvent être envisagées en complément d'une prise en charge médicale structurée.

Bon à savoir

En cas d'acouphènes persistants ou invalidants, ou si vous n'avez pas bénéficié d'un bilan récent, consultez un médecin ORL. La prise en charge a beaucoup évolué ces dernières années et des options thérapeutiques efficaces existent.

Festivals et concerts : profitez… mais protégez-vous !

Rock Werchter, Tomorrowland, Les Ardentes, Dour, Couleur Café… la Belgique est une véritable terre de festivals. Ces événements sont des moments de joie et de partage, mais le volume sonore y dépasse régulièrement les seuils que l'oreille peut tolérer sans dommage. Or, une fois abîmée, l'oreille interne ne se répare pas.

Une exposition à des sons dépassant 85 décibels suffit à détériorer les cellules sensorielles de l'oreille interne et à accélérer le vieillissement auditif, voire à provoquer des acouphènes. Plus le volume est fort, plus les dégâts sont rapides — même lors d'une courte exposition.

5 bons réflexes pour protéger votre audition

  • Éloignez-vous le plus possible des enceintes et des haut-parleurs.

  • Limitez la durée d'exposition aux sons trop puissants et accordez-vous des pauses régulières dans des zones calmes.
  • Modérez votre consommation d'alcool : il augmente la sensibilité de l'audition aux nuisances sonores.
  • Portez une protection auditive adaptée dès que le volume devient inconfortable.
  • Après un concert, laissez vos oreilles se reposer dans le silence.

Quelle protection auditive choisir ?

Bouchons en mousse ou en cire, casques anti-bruit… plusieurs solutions existent. La plus efficace pour combiner protection optimale et qualité d'écoute reste toutefois les bouchons otoplastiques sur mesure, réalisés par un audiologue agréé INAMI. Leur coût avoisine la centaine d'euros — un investissement largement rentabilisé par les années d'audition préservées. Partenamut intervient à hauteur de 30 euros par paire de bouchons, une fois tous les 5 ans.

Les bons réflexes dès le plus jeune âge

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux agressions sonores : leur audition est plus sensible et une exposition même brève à un volume trop élevé peut suffire à déclencher des acouphènes ou à provoquer des lésions durables. Il est donc essentiel de les sensibiliser tôt et de les équiper de protections auditives adaptées lors de tout événement bruyant.

Pour les adolescents, le principal danger vient de l'écoute prolongée au casque ou aux écouteurs. Les spécialistes de la santé recommandent de respecter la règle des 60/60 : ne jamais dépasser 60 % du volume maximum et limiter l'écoute à 60 minutes sans pause. Une règle simple, à afficher sur le frigo !

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