Le billet santé du Dr Tomas. Comment déceler les signes du prédiabète ?

7 novembre 2019 / Diabete , Prevention et soins - Maladies graves et chroniques

On connaît le diabète, mais on parle moins du prédiabète. Comment reconnaître ses symptômes et comment s’en prémunir pour éviter de développer la maladie ?

Le billet santé du Dr Tomas

Le diabète est rapidement devenu un fléau mondial majeur, touchant à peu près tous les continents de la même manière. La Fédération Internationale du Diabète estime que, d’ici 2025, le nombre de patients diabétiques va encore augmenter de 55% pour atteindre le nombre impressionnant de 380 millions de personnes.

Les causes

Le changement du mode d’alimentation, le vieillissement de la population et l’explosion de la sédentarité sont les trois principaux fautifs. L’obésité est également souvent en lien direct avec le diabète, certains experts parlant même de « diabésité ». En Belgique, on compte environ 600 000 diabétiques (chiffre de 2017). Certains souffrent d’un diabète de type 1 (généralement une maladie auto-immune qui se déclare souvent pendant l’enfance) mais la plupart sont atteints d’un diabète de type 2 qui apparaît plutôt à l’âge adulte. Tous les malades affichent à jeun un taux de sucre dans le sang (la glycémie) supérieur à 1,26 g/l alors que la norme se situe entre 0,7 et 1,10 g/l de sang.

Les symptômes du prédiabète

Mais se réveille-t-on diabétique brutalement un beau matin ? Non, bien sûr ! On passe par un stade préliminaire que l’on appelle le prédiabète. Le stade prédiabétique est défini par deux critères établis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ceux-ci peuvent se présenter simultanément ou pas :
  • Une glycémie à jeun entre 1,10 g/l et 1,25 g/l. Elle est mesurée 2 fois séparément.
  • ET/OU une intolérance au glucose de nos cellules, en particulier hépatiques et musculaires. Elle se caractérise par l’augmentation excessive de la glycémie après une absorption de sucre (durant un repas ou un test médical de provocation). Deux heures après une prise orale de 75 g de glucose (ou après un repas), la glycémie est alors supérieure à 1,40 g/l mais elle reste inférieure à 2 g/l.
Un seul de ces deux critères suffit pour inciter le patient à lutter contre l’évolution du prédiabète vers le diabète. En effet, l’intolérance au glucose ne signifie pas que l’on deviendra diabétique : 50 à 70 % des patients concernés ne seront pas diabétiques dans les 5 ans qui suivent l’identification du prédiabète et 30% ne le seront toujours pas 30 ans après.

Quel est le mécanisme du prédiabète ?

L’insuline est l’hormone sécrétée par le pancréas qui règle les apports en sucre et le fait pénétrer dans nos cellules. En situation de prédiabète, une résistance progressive du foie et des organes à l’action de l’insuline s’installe. On parle d’intolérance au glucose (dans le sang). Le pancréas qui secrète l’insuline doit alors fournir en retour un effort important pour continuer de produire cette hormone indispensable à la survie des cellules. Mais, avec le temps, il s’épuise. Ses cellules sécrètent de moins en moins d’insuline et le prédiabète puis le diabète de type 2 apparaissent.

Quelle est la situation en Belgique ?

On estime que 500 à 600 000 Belges seraient en situation de prédiabète et que la grande majorité de ceux-ci n’en seraient pas conscients. Il est vrai que peu de personnes présentent les symptômes du prédiabète et que seule une prise de sang va permettre de déceler les signes précurseurs afin d’entamer la lutte contre cet ennemi redoutable. 

Quels sont les symptômes préoccupants ? 

  • une fatigue plus importante que d’habitude
  • une soif fréquente et difficile à assouvir
  • un besoin d’uriner plus fréquemment
  • une prise de poids progressive
Mais tous ces signaux d’alertes ne sont pas spécifiques au prédiabète et peuvent apparaître pour quantité d’autres raisons, dont la plus fréquente est simplement liée au vieillissement.

Un profil type

Les personnes prédiabétiques ont des risques de développer un diabète de type 2 à court terme, surtout si elles ont le profil suivant : un homme de plus de 40 ans en surpoids, avec un tour de taille supérieur à 102 cm, ne pratiquant aucune activité sportive, consommant beaucoup de sucre ou de sodas et/ou de viande rouge ou de charcuterie, dont la tension artérielle flirte régulièrement au-dessus de 130/80 mm Hg et ayant des antécédents familiaux de diabète.
Mais les femmes ne sont pas épargnées, notamment celles ayant donné naissance à un bébé de plus de 4 kg, ni les citoyens d’autres origines ethniques.

L’âge et le sexe sont aussi déterminants
Selon une étude réalisée en 2013 dans la cohorte française Constances, 7,4% de la population française présentait un prédiabète, avec un pourcentage trois fois plus élevé chez les hommes (11%) que chez les femmes (3,9%) et une augmentation des cas avec l’âge : 13,5% chez les 55-69 ans. Si on ne peut - malheureusement- pas changer son âge, on peut, par contre, adapter son mode de vie. Un élément qui a été confirmé lors du congrès 2019 de l’American Diabetes Association.

Réagissez dès aujourd’hui !

Une vaste étude de sensibilisation chez des personnes en situation de prédiabète confirme ce que le programme « Diabetes Prevention Programme » avait déjà mis en évidence il y a quelques années. En modifiant favorablement le mode de vie, le pourcentage de patients qui sont passés du prédiabète au diabète a été réduit de 4%. Au programme : alimentation équilibrée et activité physique régulière entraînant une perte de poids de 8% en moyenne. Un changement qui n’est pas facile et qui nécessite un niveau de motivation élevé entretenu par un(e) coach santé ou le soutien d’un proche (famille ou amis). Mais c’est possible ! A condition de définir des objectifs en matière d’alimentation et d’exercices et de progresser petit à petit. 

De l’exercice pas à pas

Il est conseillé de commencer par l’exercice physique en choisissant une activité qui vous plaît (la marche, par exemple, est assez simple pour débuter). Faites l’acquisition d’un appareil mesurant les pas (il en existe de très fiables pour moins de 50 €) et lancez-vous. Un objectif très raisonnable est de débuter par 4 000 pas par jour, puis d’augmenter de 500 pas/jour pour arriver après quelques semaines  jusque 8 000 à 10 000 pas journaliers. Soyez patients ! Mais une fois cette habitude mise en place, il sera plus facile d’adapter progressivement votre alimentation à votre activité physique.

Une alimentation adaptée

Les recommandations des cardiologues européens sont de réduire progressivement l’apport calorique. Soyez bienveillant avec vous-même et commencez par diminuer les portions de moitié plutôt que d’arrêter brutalement un aliment que vous consommez régulièrement. Si vous aviez l’habitude, par exemple, de mettre 2 morceaux de sucre dans votre café, passez d’abord à un seul morceau avant de totalement le supprimer de votre café. Un autre petit truc : changez vos assiettes et servez-vous dans une assiette à dessert. Vous réduirez automatiquement vos portions. Mastiquer longuement va également permettre de rationner les portions ingurgitées. Le choix d’une alimentation méditerranéenne à base notamment d’huile d’olive et/ou de noix est aussi un bon moyen de limiter le risque d’accident cardiaque.

Pensez au dépistage

Si vous voulez évaluer votre risque de prédiabète, répondez aux 8 questions du test ci-dessous. Si votre Score de Risque est élevé, un bilan sanguin pourra vous fournir des informations plus complètes sur votre état de santé. L’application Vitalité de Partenamut pourra également vous aider à adopter de meilleures habitudes alimentaires afin de lutter efficacement contre le prédiabète et le diabète de type 2.

Evaluez votre Score de Risque du Diabète de Type 2

Sélectionnez la réponse qui vous correspond et cumulez les points afin de définir votre Score de Risque:


  1. Age 
    0 point - moins de 45 ans 
    2 points - de 45 à 54 ans 
    3 points - de 55 à 64 ans 
    4 points - plus de 64 ans 
  2. Indice de Masse Corporelle  (votre poids divisé par votre taille multipliée par deux. Ex : 80 kg/1,75m x 1,75m= 26,6 kg/m2)
    0 point - moins de 25 kg/m2 
    1 point - entre 25 et 30 kg/m2 
    3 points - plus de 30 kg/m2 
  3. Tour de taille mesuré sous les côtes (habituellement mesuré au niveau du nombril) 

    Hommes

    0 point - inférieur à 94 cm              
    3 points - entre 94 et 102 cm         
    4 points - plus de 102 cm                

    Femmes

    0 point -  inférieur à 80 cm 
    3 points - entre 80 et 88 cm 
    4 points - plus de 88 cm
  4. Pratiquez-vous chaque jour au moins 30 minutes d’exercices physiques, soit sur votre lieu de travail et/ou pendant votre temps de repos ? 
    0 point - oui 
    2 points - non 
  5. Mangez-vous des fruits et des légumes ? 
    0 point - tous les jours 
    1 point - pas tous les jours 
  6. Avez-vous déjà pris des médicaments pour une hypertension artérielle ? 
    0 point - non 
    2 points - oui 
  7. Avez-vous déjà eu un taux de sucre élevé dans le sang lors d’un examen médical, durant une maladie ou pendant une grossesse ? 
    0 point - non 
    5 points - oui 
  8. Avez-vous un membre de votre famille atteint d’un diabète de type 1 ou 2 ? 
    0 point - non 
    3 points - oui : grand-parent, oncle, tante ou cousin(e)  germain(e)
    5 points - oui : père, mère, frère, soeur et/ou enfant

Score total du Risque de développer un diabète de type 2 dans les dix ans à venir 

Résultats:
  • inférieur à 7 : risque bas (1 personne sur 100 développera un DT2 à 10 ans) 
  • compris entre 7 et 11 : risque légèrement élevé (1 personne sur 25 développera un DT2 à 10 ans)
  • compris entre 12 et 14 : risque modéré (1 personne sur 6 développera un DT2 à 10 ans)
  • compris entre 15 et 20 : risque élevé (1 personne sur 3 développera un DT2 à 10 ans) 
  • supérieur à 20 : risque très élevé (1 personne sur 2 développera un DT2 à 10 ans)

(Traduction du Finnish Risk Score [FINDRISC]


 
 
 

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