Aidants proches: ça bouge aussi au niveau européen avec Eurocarers !

16 novembre 2021 / Prevention et soins - Maladies graves et chroniques

La reconnaissance des droits des aidants proches en Belgique est une avancée considérable ! Un progrès qui a notamment été initié par l’association européenne Eurocarers. Rencontre avec son directeur, Stecy Yghemonos.

Aidant proche Eurocarers: vieil homme dans chaise roulante avec sa fille

Créée en 2006 et basée à Bruxelles, l’association Eurocarers est née du constat qu’il n’existait aucune organisation pour représenter les aidants proches au niveau européen. Or, leur rôle est prépondérant dans l’ensemble des pays d’Europe. Il est donc indispensable de défendre leurs intérêts surtout lorsqu’il s’agit de jeunes aidants proches.
Entrevue avec Stecy Yghemonos, directeur d’Eurocarers, pour mieux comprendre le rôle de cette association au niveau européen.

Quelles sont les principales missions d’Eurocarers ?

Notre principal objectif est de conscientiser les instances européennes sur l’importance de la contribution des aidants proches aux systèmes sociaux et de soins de santé partout en Europe. Mais aussi de nous assurer que les politiques européennes et nationales prennent en compte leurs intérêts. Notamment en favorisant leur inclusion sociale, en développant des services de soutien et en leur permettant de concilier vie professionnelle et privée.

Comment expliquez-vous l’importance du rôle des aidants proches ?

Au niveau européen, il existe des défis communs qui sont notamment liés au vieillissement démographique. L’allongement de l’espérance de vie entraîne une demande accrue de soins de santé de longue durée alors que l’offre de services de soins n’est pas adaptée. Une situation due notamment à des conditions de travail qui n’attirent plus les jeunes et à un manque d’investissement financier dans ce secteur. Quand les services de soins sont déficients, on se repose sur les familles et l’entourage (le plus souvent les femmes) des personnes fragilisées pour prendre soin d’elles.

La situation est-elle semblable partout en Europe ?

La prédominance de l’aide informelle est significative à travers l’Europe. Néanmoins, certains pays sont plus enclins que d’autres à se reposer sur les aidants proches. En Belgique, par exemple, on estime qu’au moins 10 à 20% de la population est impliquée dans des activités d’aides à la personne, tandis qu’en Grèce, cette proportion atteint 32%. Par ailleurs, différentes études ont démontré que la valeur économique de l’aide informelle en Europe est équivalente au budget alloué à l’aide professionnelle pour les soins de longue durée. Et dans certains pays du sud et de l’est de l’Europe, la situation est encore pire : cette valeur est supérieure à l’aide professionnelle, ce qui fait des aidants l’un des piliers de nos systèmes de soin. 

Concrètement comment s’effectue votre travail ?

Eurocarers réunit des organisations représentant les aidants proches, ainsi que des universités et des instituts de recherche. Notre réseau comprend 75 organisations émanant de 27 pays européens (y compris la Belgique) qui se rencontrent, échangent des données et des bonnes pratiques et définissent ensemble des recommandations politiques, ainsi que des pistes de solutions pour contribuer à la continuité de notre système de protection sociale.

Vous travaillez également avec la Commission européenne ?

Oui depuis 2014, nous collaborons étroitement avec la Commission européenne afin de convaincre les états membres de s’asseoir autour de la table pour discuter, entre autres, des soins de longue durée. Et grâce à ce travail, la Commission a proposé, en 2017, un texte qui a été approuvé par le Parlement européen et tous les états membres et qui définit 20 grands principes de droits sociaux vers lesquels l’Europe doit tendre. L’un d’entre eux concerne l’accès universel à des soins de longue durée de qualité. Cette avancée a créé un contexte plus favorable pour discuter de la question des soins, du vieillissement de la population et du handicap.

Quelles mesures avez-vous déjà prises pour améliorer la situation des aidants proches ?

Pour nous, il est essentiel d’offrir une reconnaissance juridique aux aidants proches mais celle-ci doit être accompagnée de droits prenant en compte leur situation et leurs besoins spécifiques. C’est pourquoi, nous avons réussi à faire inclure un congé annuel aidants proches de 5 jours dans une directive européenne approuvée en 2019. Chaque état membre peut décider d’assortir ce congé d’une compensation financière ou de droits complémentaires. Cela peut paraître peu de choses, mais cette directive a au moins le mérite d’inciter certains pays européens, où rien n’a encore été mis en place, à se pencher sur le rôle des aidants proches (comme la Grèce, la Lituanie ou l’Estonie).

Comment se positionne la Belgique au niveau européen en matière de droits pour les aidants proches ?

En comparaison avec les autres états membres, la Belgique n’est pas le pays le plus mal loti en termes de droits et de mesures de soutien. En ce qui concerne le congé pour aidants proches, la Belgique est même allée au-delà de la directive européenne puisqu’une reconnaissance officielle assortie d’un congé thématique est accordée, à certaines conditions, aux aidants proches depuis 2020. Et ce congé est même passé de 1 à 3 mois depuis le mois de septembre 2021. Cependant la Belgique (comme la plupart des états membres) souffre d’un manque d’harmonisation et de coordination des mesures existantes. Le dialogue entre tous les intervenants (associations et politiques) doit être intensifié.

Votre prochain projet concerne les jeunes aidants proches. Selon vous, ils ne sont pas pris en compte dans les mesures d’aides et de reconnaissance ?

Effectivement. Un nombre important d’enfants et d’adolescents à travers l’Europe fournit (parfois de manière intensive) des soins de longue durée à un membre de la famille porteur d’une maladie, d’un handicap, d’un problème de santé mentale ou d’une dépendance. Ce groupe de jeunes aidants est totalement invisible aux yeux des responsables politiques. Or, leur situation est très lourde et peut mener à des difficultés dans leur éducation et, plus tard, dans leur accès à l’emploi. Ils peuvent également être victimes de discrimination, de problèmes de santé mentale, de stigmatisation et d’exclusion sociale. Nous avons donc lancé une campagne de sensibilisation ayant pour thème les jeunes aidants proches. Il est très important qu’ils soient tout d’abord identifiés pour ensuite être pris en considération lors des stratégies de soutien qui sont mises en place pour les aidants proches. Pour l’instant, les mesures prises visent essentiellement les personnes en âge de travailler.

Plus d’infos sur Eurocarers : https://eurocarers.org/ (site uniquement en anglais)

Partenamut aide les aidants proches

Depuis 2016, Partenamut reconnaît déjà le statut « aidant proche Partenamut » aux aidants mais aussi aux jeunes aidants proches. Grâce à ce statut, vous bénéficiez d’un accompagnement sur mesure et d’avantages spécifiques tels qu’une aide-ménagère, une aide familiale, une garde-malade mais aussi un soutien psychologique. Vous pouvez aussi profiter d’activités de répit, de loisirs et de bien-être, ainsi que de formations.
Et si vous avez obtenu la reconnaissance fédérale avec octroi de droits sociaux, le statut Partenamut vous sera également automatiquement octroyé.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la reconnaissance fédérale et sur tous les avantages et les droits offerts par le statut « aidants proches Partenamut » , consultez notre page d’informations.

 

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