Télémédecine : votre médecin en réalité virtuelle ?

29 juillet 2019

Et si votre médecin vous voyait à travers votre smartphone ? C’est l’idée de la télémédecine et des téléconsultations. Est-ce possible en Belgique ? La réponse dans cet article !

Télémédecine : pour bientôt ?

Que savez-vous de la télémédecine et de VVIDoctor ? Au grand dam des fans de Grey’s anatomy, nous n’allons pas vous parler avec cette question de la télémédecine d’une nouvelle série télévisée centrée sur le monde médical, et VIVIDoctor n’est pas un ersatz du docteur Mamour. Car dans les faits, la télémédecine est plutôt une innovation susceptible de changer la donne des consultations médicales, alors que VIVIDoctor est le nom d’une start-up belge active sur ce terrain de la télémédecine, et en particulier celui des téléconsultations.

Peut-on troquer la traditionnelle visite dans le cabinet de votre médecin contre une consultation vidéo en direct avec un médecin, et ce depuis votre smartphone ? C’est donc bien de cela dont il sera question dans cet article.

La télémédecine, c'est quoi ?

Selon la Commission européenne, « la télémédecine est la fourniture à distance de services de soins de santé par l’intermédiaire des technologies d’information et de communication dans des situations où le professionnel de la santé et le patient, ou deux professionnels de la santé, ne se trouvent pas physiquement au même endroit. »

Du côté de e-santé Wallonie, une initiative lancée par la fédération des associations de généralistes de la région wallonne, on classe dans les actes de télémédecine…

  • la téléconsultation, soit la consultation d’un patient par son médecin effectuée à distance, par exemple en visioconférence sur smartphone ou ordinateur.
  • la télé-expertise, qui est la demande d’avis entre praticiens effectuée à distance.
  • la télésurveillance médicale, qui permet à un professionnel de la santé d’interpréter à distance les données pour le suivi médical d’un patient et de prendre si nécessaire des décisions pour la prise en charge du patient.
  • la téléassistance médicale, c’est-à-dire l’assistance à distance d’un professionnel de la santé par un autre professionnel de la santé. Cela peut par exemple se faire lors d’une intervention chirurgicale - on parle alors de téléchirurgie - ou en situation d’urgence.

La télémédecine en Belgique : où en est-on ?

Contrairement à d’autres pays européens, la Belgique ne dispose pas encore d’un cadre légal reconnaissant la télémédecine, et la présence physique du prestataire de soins auprès de son patient est toujours obligatoire. Ce n’est pas le cas dans plusieurs pays européens et notamment en France, où depuis 2018 l’Assurance maladie rembourse aussi des téléconsultations.

Reconnaissance et remboursement de la téléconsultation : pour bientôt ?

Mais même si dans notre plat pays les choses avancent doucement… elles semblent avancer. La possibilité de reconnaitre la téléconsultation et de la rembourser à certaines conditions se trouvent sur la table du politique. Et des textes légaux seraient prêts, mais en attente de validation et du retour d'expérience de projets-pilotes pour passer à la prochaine étape. Comme on l’expliquait en 2018 du côté du Cabinet de la Ministre de la Santé, « le but est d’élaborer des critères et des règles claires afin que la santé mobile trouve une place structurelle dans le secteur des soins de santé. Doivent encore être discutés des aspects comme la sécurité, le respect de la vie privée, les modes de rémunération… »

Mais pour que tout cela se concrétise et que la téléconsultation entre officiellement dans les mœurs médicales belges, il faudra sans doute attendre la mise en place d’un nouveau gouvernement fédéral.

 

Un projet de téléconsultation derrière les barreaux

Dans cet esprit d’expérimentation, un projet pilote de téléconsultation avait été annoncé pour 2019 à la prison de Marche, sous l’impulsion de la province du Luxembourg. À la clé ? De la visioconférence et des appareils connectés, comme un stéthoscope, et des consultations à distance moyennant la présence sur place d’un infirmier, notamment pour gérer ces appareils connectés. La raison d’être de ce projet ? Répondre à un besoin de l’administration pénitentiaire, à savoir le manque de médecins capables d’être présents physiquement dans l’établissement.

 

Ordre des médecins et télémédecine : non, mais...

En 2017, l’Ordre des médecins s’était positionné en défaveur de la téléconsultation. Ses arguments ? Le danger de poser un diagnostic sans qu’il y ait eu un contact physique entre patient et médecin. C’est en substance ce que disait le Conseil national de l’ordre dans un avis rendu à propos de la plateforme VIVIDoctor (dont nous vous parlons aussi dans cet article), en précisant que "les consultations virtuelles dans le cadre du suivi d'un patient connu ne peuvent être utiles que dans des cas exceptionnels. En Belgique où l'accès aux soins de santé est très aisé, une consultation virtuelle, si elle apparaît facile d'utilisation, n'a pas la précision d'une consultation réelle sur le plan de la sécurité du patient, de la pose du diagnostic et de la délivrance de médicaments."

Mais dans un autre avis de 2018, le Conseil de l’ordre des médecins estimait que « diverses initiatives contribuant à une meilleure efficacité de la médecine générale sont de nature à libérer du temps dans le chef des praticiens et ainsi à leur permettre d'accueillir de nouveaux patients : aides administratives, allègement administratif, participation des patients à leur propre prise en charge (empowerment, autosurveillance, etc.) et télémédecine. Cette évolution doit être encouragée de façon à permettre une utilisation optimale de la force de travail en médecine générale. »

Toujours à ce propos et cette fois dans un reportage de la RTBF, Jean-Jacques Rombouts, vice-président du même Conseil, expliquait que la téléconsultation n’était pas idéale lorsqu’il s’agit d’un premier contact avec un patient que le docteur ne connaît pas. Mais quand le patient est connu et suivi depuis longtemps, Jean-Jacques Rombout ne voyait pas d’inconvénient à ce que le contact se fasse à distance.

 

Et qu’en est-il de la télésurveillance, qu’utilisent déjà certains prestataires de soins ? Toujours dans le même reportage de la RTBF, Jean-Jacques Rombouts affirmait que « c’est certainement à encourager, ce sont des évolutions technologiques qui sont favorables mais toujours dans le contexte du patient connu, du patient qui a un dossier, du patient qui a été évalué en face-à-face ».

ABSyM : oui à la téléconsultation et à la télé-expertise

Du côté de l’ABSyM (l’association des chambres syndicales des médecins), on se positionne clairement en faveur de la téléconsultation et de la télé-expertise, avec dans les cartons un premier projet, comme le relaie cet article publié par Medi-Sphere. Pour Jacques de Toeuf, vice-président de l’ABSyM, « La vraie question est de savoir quel patient va pouvoir en bénéficier. Il est aussi indispensable qu’une trace de ce suivi se trouve dans le dossier médical. Ce sera une téléconsultation sur RDV. Cela ne peut évidemment pas être dans le cadre d’un premier rendez-vous ni dans le cadre d’un problème aigu. Il s’agira de patients avec de multiples pathologies, polymédiqués : tension, dépressifs, cardio, pneumo, hépatites...Les mutuelles savent que le patient est polymédiqué. Ce sera plus facile pour la nomenclature et leur suivi. Le médecin voit habituellement ce type de patient 4 à 5 fois par an. Là, on pourra permettre jusqu’à deux téléconsultations par an pour autant que le patient se rende deux fois par an au cabinet. Il ne faut pas rompre le lien humain. »

 

VIVIDoctor, une première plateforme disponible en Belgique

Acronyme de « Virtual Visits ro real Doctors », VIVIDoctor est une start-up belge qui annonce s’appuyer sur un « réseau de médecins belges certifiés » pour des téléconsultations en ligne via smartphone. L’utilisateur a théoriquement la possibilité d’obtenir dans les 10 minutes un rendez-vous virtuel avec l’un de ces médecins, moyennant un coût affiché de 19,90 euros… mais qui semble varier selon les intervenants. Rappelons aussi que ces consultations ne sont jusqu’à présent en aucun cas remboursées par l’Inami.

Dans le dossier 2.0 récemment publié dans notre magazine Profil, l’un des médecins alors actif sur la plateforme parlait de son expérience : « on commence seulement à parler en Belgique de la téléconsultation. Pourtant, elle peut s’avérer très utile dans certaines situations. Personnellement, je l’utilise depuis 2018 via VIVIDoctor. Il y a par exemple des personnes qui viennent seulement faire leur shopping et ne veulent que des médicaments. Par contre, elle m’est très utile en tant que spécialiste en alcoologie, car elle facilite les suivis de sevrage à domicile. Comme mes patients viennent d’un peu partout en Belgique, ce type d’outil leur évite de longs trajets. Elle permet aussi de traiter des patients à distance. Ainsi, une de mes patientes, qui était en vacances à la mer, a eu une cystite. Grâce à la téléconsultation, j’ai pu lui envoyer une prescription électronique et elle a été rassurée d’avoir eu l’avis de son médecin. La téléconsultation offre aussi de nouvelles plages horaires, soit très tôt le matin soit en soirée. Ce qui peut être utile pour ceux qui ne savent pas se libérer durant la journée. »

 

Quant aux types de consultations possible avec VIVIDoctor, la plateforme annonce se limiter l’intervention de ses médecins à certains cas, comme :

  • l'arrêt du tabac
  • les blessures sportives
  • la dermatologie
  • les diarrhées, nausées et vomissements
  • la psychologie et la psychiatrie
  • le soin des plaies

 

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