Le billet santé du Dr Tomas. Comment éviter les effets néfastes des perturbateurs endocriniens ?

10 octobre 2019 / Cancer , Diabete , Prevention

Les perturbateurs endocriniens sont partout et peuvent provoquer de graves problèmes de santé. Mais on peut s’en protéger en adoptant quelques gestes simples.

Le billet santé du Dr Tomas

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un perturbateur endocrinien est une substance chimique d’origine naturelle ou artificielle capable d’interférer dans le système hormonal et d’ainsi avoir des effets néfastes sur l’organisme d’une personne ou de ses descendants. Les hormones font partie du système endocrinien : elles sont produites par des organes appelés glandes et sont ensuite libérées dans le sang puis dans tout l’organisme. Les glandes les plus connues sont notamment la thyroïde, les ovaires, les testicules et le pancréas. Elles ont des fonctions très importantes, telles que stimuler la croissance, réguler le sommeil, les humeurs et les pulsions (colère, libido…) et contrôler la température corporelle, la tension artérielle ou la glycémie. La moindre perturbation de cet écosystème peut entraîner de graves perturbations comme l’apparition d’un cancer ou des problèmes de diabète ou d’obésité.

Où se trouvent-ils ?

Les perturbateurs endocriniens sont partout autour de nous! On les retrouve dans de très nombreux produits de notre vie quotidienne : les plastiques, les cosmétiques, les parfums, les mousses-à-raser, les dentifrices, les détergents, les pesticides, les herbicides, la fumée de cigarette, les émissions des moteurs diesel, les peintures, les mousses de nettoyage du mobilier...

En 2001, la Commission des Communautés européennes (aujourd’hui Commission européenne) citait au moins 124 substances suspectes prioritaires, et la liste n’a cessé de s’agrandir depuis.

On distingue deux types de perturbateurs endocriniens :

- les substances chimiques de synthèse fabriquées avec des objectifs variés, sans que l’effet sur le système hormonal ait nécessairement été recherché. C’est le cas des pesticides, des herbicides, des dioxines ou apparentés (polychhlorobyphényles, PCB), des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des retardateurs de flamme, des parabènes, des phtalates... Mais le plus connu, vu sa présence par le passé dans les biberons, est le bisphénol A.

- les composés naturels comme les phyto-estrogènes présents dans une grande variété de plantes (soja, silos à céréales…).

Comment agissent les perturbateurs endocriniens ?

Pour être efficaces, les hormones se fixent sur un récepteur spécifique à chaque hormone, un peu comme un bouton pression. Une fois fixées, leur effet peut commencer. Lorsque les perturbateurs endocriniens arrivent au sein de notre organisme, ils peuvent agir de différentes façons :

•             Imiter l’action d’une hormone (comme s’ils étaient des sosies) en la remplaçant sur son récepteur et envoyer des messages qui ne sont pas les bons.

•             Empêcher une hormone de se fixer à son récepteur et bloquer ainsi la transmission du signal hormonal.

•             Perturber la production ou la dégradation des hormones ou de leurs récepteurs. Il n’y a donc plus aucune action possible.

•             Perturber le transport d’une hormone dans l’organisme, un peu comme si les transports en commun étaient en grève.

Quels effets ont-ils sur la santé ?

Les perturbateurs endocriniens peuvent induire des problèmes de santé majeurs, comme l’infertilité, un développement anormal du fœtus, la puberté précoce, des cancers, le diabète, l’obésité, des problèmes neurologiques, des troubles d’apprentissage et bien d’autres.

Il semble qu’à quantité égale, les perturbateurs endocriniens soient beaucoup moins efficaces que les hormones auxquelles ils se substituent. Cependant, comme ils proviennent de plusieurs sources et s’accumulent en quantités importantes dans l’organisme, ils pourraient avoir un effet cumulatif - une sorte d’effet « cocktail » - et perturber le fonctionnement normal des hormones.

Les faibles doses de perturbateurs endocriniens pourraient même être plus nocives que les grandes quantités. Les mécanismes exacts de cet effet ne sont pas encore bien connus. On suppose qu’une dose proche de celle d’une hormone naturelle pourrait causer des effets indésirables, tandis que l’organisme repérerait plus facilement les perturbateurs lorsque la dose est importante.

De plus, ils ne disparaissent pas facilement car une fois rejetés dans l’environnement, ils peuvent continuer à survivre et nous atteindre de plusieurs manières, que ce soit en les touchant, en les avalant ou même en les respirant.

Comment se protéger contre les perturbateurs endocriniens?

Plusieurs gestes simples peuvent être adoptés :

•             Limitez autant que possible les emballages plastiques en préférant, par exemple, le verre pour les boissons.

•             Consommer du poisson, mais pas plus de deux fois par semaine. Diversifiez les espèces consommées et les zones de provenance.

•             Les pesticides utilisés en agriculture contaminent fruits, légumes et environnement. Au niveau domestique, les pesticides sont présents dans certains produits anti-poux, anti-puces pour chiens et chats mais aussi dans les insecticides utilisés pour jardiner. Préférez les fruits et légumes biologiques et surtout, rincez-les avant de les consommer. Et si vous avez la main verte, débarrassez-vous des insectes incommodants en optant pour des solutions naturelles (citronnelle, huiles essentielles de lavande, de menthe…).

•             Evitez d'utiliser trop de produits cosmétiques pour bébés et enfants de moins de 3 ans. Plutôt que les lingettes, privilégiez le liniment (une solution naturelle à base d’eau de chaux et d’huile d’olive facile à faire soi-même) ou simplement de l'eau savonneuse pour la peau de votre bébé.

•             L'air de nos logements est souvent plus pollué que l'air extérieur, car nos intérieurs concentrent de multiples sources de produits chimiques. Ainsi, les produits ménagers, les meubles et les tissus des canapés, ou encore certaines peintures, sont chargés en perturbateurs endocriniens. Choisissez des produits d'entretien et des peintures naturels, certifiés biologiques (Ecolabel européen). Pour votre intérieur, préférez les meubles en bois massif à ceux en contreplaqué.

•             Lavez vos vêtements neufs avant de les porter.

•             Aérez au moins 20 minutes par jour votre logement pour renouveler l'air intérieur.

•             Lisez attentivement les étiquettes des produits, notamment pour des produits d’usage quotidien comme le dentifrice, les déodorants ou les parfums.

 

Plus d’infos sur le site : http://environnement.sante.wallonie.be



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