Comment parler de la guerre aux enfants ?

17 mars 2022

L’actualité dominée par le conflit entre l’Ukraine et la Russie crée un climat anxiogène qui n’épargne pas les enfants. Confrontés aux images de la guerre et aux discussions des adultes, ils s’inquiètent et se posent beaucoup de questions auxquelles il est essentiel de répondre. Cependant, en fonction de l’âge de l’enfant, les mots employés et les explications fournies doivent être choisis avec précaution.

parler de la guerre aux enfants

Il ne faut pas cacher la situation aux enfants

Face à la guerre, la tentation est grande pour certains parents de protéger les enfants en minimisant voire en niant la gravité de la situation (« ce n’est rien, il n’y a aucune raison d’avoir peur, tout va rentrer dans l’ordre rapidement »). Certains évitent même d’aborder le sujet. Il est vrai que parler de la guerre à un enfant n’est pas chose facile. Cependant, cacher la vérité n’est pas la bonne solution. D’abord parce que votre enfant n’est pas dupe et qu’il sent bien que la situation actuelle est préoccupante. Ensuite, que vous le vouliez ou non, votre enfant est forcément exposé à l’actualité. Il entend les discussions des adultes, voit certaines images à la télévision, sur les réseaux sociaux, en parle avec ses camarades à l’école. Enfin, l’imaginaire des enfants est sans limite, si vous ne dites rien, votre enfant aura tendance à combler le vide et à s’imaginer des choses qui peuvent être pire que la réalité. En ne prenant pas la parole vous-même sur un sujet aussi grave que la guerre, vous laissez les autres le faire pour vous, et pas forcément de la bonne manière. Mieux vaut donc prendre les devants et en parler avec des mots justes, que vous aurez vous-même choisis. En parler permet de prendre du recul sur les évènements, de démêler le vrai du faux (on sait que les fake news circulent), de dédramatiser ce qui peut l’être et d’apporter des réponses aux questionnements de l’enfant.

Quels mots utiliser pour parler de la guerre à un enfant ?

Face à un enfant qui s’inquiète, il est important de mettre des mots sur son inquiétude. Une peur sans objet est bien plus anxiogène qu'une peur clairement identifiée. Cependant, il  est évident que l’on ne va pas utiliser les mêmes mots avec un enfant de 4 ans, 9 ans ou 14 ans. D’ailleurs les questions qu’ils se posent ne sont pas les mêmes. Les plus jeunes n’ont qu’une conscience très limitée de l’actualité et de ce qui se passe hors de leur environnement proche, ils ressentent surtout les émotions. Leurs interrogations sont plus basiques ce qui ne veut pas dire qu’il est plus facile d’y répondre : « pourquoi des gens sont tristes ? ça veut dire quoi la guerre ? suis-je en sécurité ? est-ce qu’une bombe va détruire ma maison ou mon école ? ». Vous pouvez répondre à ces questions avec des mots simples, sans entrer dans les détails qui peuvent choquer et en utilisant un ton et des arguments rassurants comme le fait que la guerre est comme une dispute entre deux personnes mais à l’échelle d’un pays, que ça se passe relativement loin de chez nous, que nous faisons tout pour qu’elle s’arrête le plus vite possible, que notre pays est toujours en sécurité, etc.

Les plus âgés ont déjà une certaine expérience de l’actualité, ils ont des notions d’histoire et de géographie, sont capables de comprendre plus de choses. Vous pouvez aborder avec eux la situation sous un angle plus factuel, en expliquant le contexte : pourquoi la guerre a-t-elle éclaté ? pourquoi en Ukraine ? qui est Vladimir Poutine et quel est son objectif ? à quoi sert l’OTAN ? Que vont devenir les réfugiés qui quittent leur pays ? Les questions que se posent les enfants sont souvent très précises et parfois complexes, même pour un adulte. Certains supports peuvent vous aider à trouver des éléments de réponses. Il existe notamment des journaux et magazines destinés aux enfants qui décryptent pour eux l’actualité de façon adaptée.

Ce que vous pouvez faire :

1/ Amener l’enfant à parler de lui-même de la situation, sans le devancer, en lui demandant par exemple « est-ce que tu as entendu parler de ce qui se passe en Ukraine ? qu’est-ce que tu en penses ? ». Cela vous permet de faire le point sur ce qu’il sait, sur ce qui le préoccupe. Il est important de répondre à ses inquiétudes, mais il est inutile d’en créer de nouvelles en abordant des questions qu’il ne se pose absolument pas.

2/ Normaliser le sentiment d’inquiétude. Votre enfant exprime son angoisse face aux évènements ? Cela ne sert à rien de lui dire qu’il n’y pas de raison de s’inquiéter. Au contraire, dites-lui que c’est tout à fait normal d’être inquiet, que tout le monde l’est en ce moment y compris vous, mais que tout est mis en œuvre pour que la situation s’arrange.

3/ Essayer de mettre l’accent sur les informations qui donnent de l’espoir. Évoquez notamment toutes les personnes qui se mobilisent à travers le monde pour protester contre cette guerre, les actions de solidarité mises en place un peu partout pour les réfugiés, les négociations en cours pour mettre fin au conflit le plus rapidement possible, etc. Vous pouvez aussi lui permettre d’agir à son niveau, en préparant avec lui des dons pour les réfugiés par exemple. Cela permet de reprendre une forme de contrôle sur la situation et de se sentir moins impuissant.

Ce qu’il faut éviter :

1/ Ne faites pas de la guerre un sujet tabou avec des réponses du type « on en parlera quand tu seras plus grand », « ça ne te concerne pas ».

2/ Ne tenez pas de discours alarmistes devant les enfants du style « c’est la 3ème guerre mondiale, ça va dégénérer, personne n’est à l’abri, Vladimir Poutine est complètement fou... » ce sont des phrases que des adultes peuvent parfois prononcer dans une discussion sur l’actualité sans vraiment y réfléchir. Or elles peuvent avoir un lourd impact pour un enfant qui les entend et n’a pas le recul nécessaire pour faire la part des choses. L’idéal est de rester mesuré.

Enfin, prenez de la distance avec l’information

Cela ne veut pas dire arrêter de s’informer, mais il faut savoir aussi prendre du recul face au flot incessant d’informations qui nous parviennent. Parler de ce qui se passe en Ukraine est nécessaire, mais regarder sans cesse les chaînes d’information en continu ou les réseaux sociaux pour suivre le conflit minute par minute n’apporte rien, cela ne fait qu’alimenter les peurs et les angoisses, y compris les vôtres. Il est important d’accorder des moments de répit à votre enfant, la guerre ne doit pas monopoliser vos conversations. En d’autres termes, il faut laisser aux enfants le temps d’être des enfants, avec l’insouciance qui va avec.

Des pistes pour vous aider :

https://www.lejde.be/

https://www.1jour1actu.com/

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