Tabac et maladies chroniques : une relation toxique !

23 mai 2019 / Prevention et soins - Maladies graves et chroniques

Si personne n’ignore que le tabac provoque le cancer du poumon, on sait généralement moins qu’il augmente aussi le risque de développer d’autres maladies chroniques. Lesquelles, comment et pourquoi ? On vous l’explique dans cet article.

Tabac et maladies chroniques  : une relation toxique !

L’eau mouille. L’herbe est verte. La nuit, il fait noir. Et le tabac nuit à la santé. Au concours des évidences, cette dernière affirmation terminerait sans aucun doute sur le podium. Car aujourd’hui, plus personne n’ignore le rôle déclencheur du tabac pour des maladies respiratoires graves comme le cancer du poumon ou la bronchite chronique. Mais ce que l’on sait moins, c’est que le tabagisme provoque aussi d’autres maladies chroniques lourdes, comme le confirme Zsuzsanna Jakab, directrice de l’OMS pour l’Europe :

« Bien que le public soit généralement conscient de la nocivité du tabac, nous remarquons qu’il ignore souvent son lien important avec les cardiopathies et les accidents vasculaires cérébraux. Le tabac contribue à l’augmentation de l’incidence des maladies chroniques et de la mortalité qui y est associée, et a un impact dévastateur sur les patients et leur famille. »

Problèmes cardiovasculaires, cancers, troubles du système digestif… la liste des maladies chroniques lourdes affectées par le tabac s’allonge effectivement sans cesse. Et cela doit se savoir !

Tabac et maladies cardiovasculaires : une liaison dangereuse

Le tabac est très clairement l’un des principaux déclencheurs des maladies cardiovasculaires :

  • 30 % des infarctus ont pour cause le tabagisme. La probabilité d’être atteint par un infarctus est 2 à 3 fois plus élevée pour un fumeur.
  • 25 % des décès provoqués par le tabac résultent d’une maladie cardiovasculaire.
  • Le taux de maladies cardiaques est 70 % plus important chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
  • 1 accident vasculaire cérébral (AVC) sur 4 est provoqué par le tabac. Le risque d’AVC est 2 fois plus élevé chez les fumeurs. Chez les jeunes, la principale cause de l’AVC est le tabac.

Le monoxyde de carbone, nocif pour nos artères

Au banc des accusés, le monoxyde de carbone dégagé par la combustion du tabac occupe une place de choix. Car une fois inhalées, ces molécules de CO vont prendre la place de l’oxygène dans nos globules rouges. Le sang transportera donc moins d’oxygène, ce qui va affecter nos tissus et provoquer chez nous l’essoufflement et un moins bon fonctionnement des muscles.

Mais ce n’est pas tout : la vasomotricité de nos artères va aussi souffrir de cette présence du monoxyde de carbone. Cela peut se traduire par un spasme artériel, c’est-à-dire un rétrécissement brusque du calibre des artères, et donc une diminution du flux sanguin… voire même une occlusion complète de l’artère pouvant provoquer un infarctus du myocarde.

Tabac = coagulation accrue du sang = risque de caillots plus élevé

Agrégation des plaquettes, augmentation des globules blancs rendant le sang plus épais, hausse du fibrinogène… tous ces mécanismes induits par le tabac vont avoir la même conséquence : la formation de caillots dans le sang, aussi appelés thromboses. Lorsqu’ils bouchent une artère coronaire, ces caillots peuvent provoquer un infarctus du myocarde. Ou un accident vasculaire cérébral (AVC) si le caillot se forme dans le cerveau. Last but not least : cet effet du tabac peut aussi provoquer des troubles de l’érection, quel que soit l’âge.

Moins de bon cholestérol

Dans la famille cholestérol, c’est malheureusement le bon qui est affecté par le tabac. Et cette diminution augmente aussi les risques cardiovasculaires, car c’est ce cholestérol HDL qui nettoie la plaque présente sur les parois de nos artères et qui à la longue risque de les obstruer.

Le cancer du poumon, mais pas que...

Près de 9 cancers du poumon sur 10 ont pour origine le tabagisme. Mais ce n’est pas pour autant le seul cancer provoqué par le tabac.

Cancers de la bouche, de la gorge, du larynx et de l'oesophage

Ces différents types de cancers sont plus fréquents chez les fumeurs : le risque de cancer de la bouche est par exemple 2 à 4 fois plus élevé pour un fumeur. Ces risques sont encore plus importants lorsque le tabagisme s’accompagne d’une consommation régulière d’alcool.

Cancers de l'estomac, du foie, du pancréas et du gros intestin

Le tabac est aussi un facteur favorisant le cancer de ces organes de l’appareil digestif. Les fumeurs souffrent par exemple 2 fois plus souvent d’un cancer du pancréas que les non-fumeurs. Par ailleurs, il est probable que le tabac augmente le risque de cancer colorectal qui affecte le gros intestin.

Cancer du rein et de la vessie

Le risque de développer un cancer du rein est 1,5 fois plus élevé chez le fumeur que chez le non-fumeur. Et le tabac est la cause principale du cancer de la vessie, qu’il provoque une fois sur deux.

Leucémie ou cancer du sang

Un cas sur cinq de leucémie myéloïde aiguë a pour origine le tabac, tout simplement parce que les substances cancérigènes présentes en nombre dans la fumée du tabac se retrouvent dans le sang.

Cancer du col de l'utérus et de la vulve

Le tabac a un impact négatif sur le fonctionnement de notre système immunitaire. Or c’est ce système immunitaire qui va nous débarrasser des infections, parmi lesquelles celles par papillomavirus humains (HPV). Et comme l’infection par HPV est l’une des causes des cancers de l’utérus ou de la vulve, ces maladies sont plus fréquentes chez les fumeuses.

De la fumée difficile à digérer

Pancréas, foie, estomac… Le tabac aggrave donc les risques de certains cancers. Mais il serait aussi à la base d’autres dégâts de notre appareil digestif. Un exemple ? La maladie de Crohn. Cette inflammation intestinale particulièrement handicapante a 2 fois plus de chance de se déclarer chez un fumeur que chez un non-fumeur. Par ailleurs, le tabagisme va aggraver les symptômes de la maladie, avec notamment des poussées plus importantes et un risque accru d’abcès et de fistule. La bonne nouvelle, c’est que 1 an après l’arrêt du tabac, le risque diminue significativement. Et après 4 ans d’arrêt, ce risque redescend au même niveau que chez un non-fumeur.

Les bons plans pour stopper le tabac

Si la nicotine n’est en soi pas nocive pour la santé, elle est par contre votre principale ennemie lorsque vous décidez d’arrêter de fumer. Pourquoi ? Parce que c’est cette substance présente dans le tabac qui provoque l’addiction à la cigarette… et qui rend donc si difficile l’abandon du tabac. Mais difficile ne veut pas dire impossible, et il existe heureusement des solutions efficaces pour accompagner votre sevrage.

Un tabacologue pour vous aider

Vous avez des difficultés à arrêter de fumer ? Le tabacologue est à vos côtés pour mettre au point un plan d’attaque efficace. Il va tout d’abord évaluer l’état de votre dépendance physique, psychologique ou comportementale à la nicotine pour définir ensuite avec vous la bonne stratégie de sevrage tabagique. Et bien entendu, il vous accompagnera pendant tout le processus de sevrage pour vous aider à relever ce défi primordial.

Allô, Tabacstop ?

Créée par la Fondation contre le Cancer, Tabacstop est une équipe de tabacologues qui fournissent des services gratuits pour arrêter de fumer. Pour en profiter, vous pouvez les appeler au 0800 111 00.

Soigner la nicotine par la nicotine

Tromper le manque de nicotine sans repiquer à la cigarette ? C’est ce que font les substituts nicotiniques comme les patches ou les gommes que l’on peut trouver en pharmacie. Comme leur nom l’indique, ces substituts contiennent la nicotine dont vous êtes dépendant, mais sans les autres substances toxiques contenues dans le tabac.

Arrêter de fumer ? Les coups de pouce financiers

Depuis la dernière réforme de l’Etat, le remboursement pour un sevrage tabagique est passé de la compétence de l’INAMI à celle des Régions. Mais la règle reste jusqu’à présent la même : un remboursement pour 8 séances tous les 2 ans. La première séance chez un tabacologue donne droit à un remboursement 30 euros, puis 20 euros pour les 7 suivantes. Et si vous êtes enceinte, vous aurez droit à un remboursement de 30 euros pour chacune des 8 séances.

Des remboursements en plus avec Partenamut

Et ce n’est pas tout. Grâce à nos avantages Partenamut, vous avez droit à des remboursements supplémentaires :


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