L'erreur, le meilleur carburant pour le cerveau de vos enfants

4 avril 2019 / Adolescence

Un enfant qui fait une erreur en apprenant est-il un enfant qui agit mal ? Non bien sûr… Et pourtant, cette fausse croyance perturbe encore trop souvent les processus d’apprentissage.  Mais heureusement, ce n’est pas une fatalité.

Mon enfant a-t-il droit à l'erreur ?

« J’ai fait une erreur… » Même inconsciemment, cette petite phrase résonne de manière négative chez beaucoup d’entre nous. Et cela pose un problème. Car chez un enfant en processus continu d’apprentissage, cette charge négative entourant l’erreur peut s’avérer lourde à porter, ralentir sa progression et même affecter l’estime de soi.

Et pourtant, l’erreur est indispensable pour apprendre.

Il est donc essentiel d’arriver à prendre du recul par rapport à ces réflexes profondément ancrés en nous pour redonner à l’erreur sa juste place. Au profit de nos enfants… mais aussi du nôtre !

Essai, erreur, rectification, progression

Que ce soit dans un labo ou un centre de recherche universitaire, tout chercheur qui se respecte sait que l’erreur est un passage obligé pour avancer. Car une démarche scientifique a pour point de départ une hypothèse que l’on va tester pour vérifier si elle est exacte. Seuls les résultats de ces tests permettront de progresser en confirmant ou pas l’hypothèse. Le test est négatif ? Cela fermera des portes pour explorer de nouvelles possibilités et accéder à un nouveau stade de la compréhension… sans attribuer de connotation négative à cette erreur !

Les erreurs, une nourriture essentielle pour notre cerveau

Du côté des neurosciences, c’est le même constat : l’erreur est aussi appréciée, car elle joue un rôle fondamental dans notre cerveau.

Pour faire simple, notre cerveau est équipé d’un véritable système de détection des erreurs et de prédiction. Et il a besoin d’exercer ces mécanismes d’erreur pour devenir plus performant : les signaux d’erreur sont indispensables pour ajuster ses prédictions et déclencher le processus d’apprentissage. Donc si on l’empêche de commettre des erreurs, on bloque ces mécanismes !

Aussi pour les gamers

Ce qui vaut dans ce contexte scientifique et biologique s’applique aussi ailleurs : n’importe quel gamer sait que pour arriver au bout d’un jeu et trouver les bonnes clés, il devra tester tout ce qui est possible… et donc forcément passer par la case « erreur ».

Des erreurs à ne pas jeter au panier

Et sur les terrains de sport ? La légende vivante du basket Michael Jordan raconte exactement la même histoire : « j’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour tenter le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussis. » Son message est clair : ses erreurs lui ont permis d’avancer et d’atteindre les sommets.

La mauvaise réputation de l'erreur pour nos apprentissages

Malgré tout cela, l’erreur a trop souvent mauvaise réputation. Notamment sur les bancs de l’école, mais aussi dans nos processus mentaux.

J'ai fait une erreur, donc je suis nul

Soulignée en rouge sur une copie et sanctionnée par des notes en berne, l’erreur est fréquemment assimilée à un échec personnel pour l’élève, ce qui provoquera parfois un sentiment de culpabilité. Pour un enfant, le lien sera très vite fait entre un retour négatif du prof référent et sa valeur intrinsèque. « J’ai eu une mauvaise note, donc je suis nul » est une phrase que les parents entendent trop souvent… sans que l’enfant ait conscience que l’erreur est un préalable indispensable à tout apprentissage.

Les notes, un principe stressant pour l'enfant

Professeur de psychologie cognitive au Collège de France, Stanislas Dehaene a une vision claire sur la question : l’enfant a besoin d’avoir un retour sur erreur pour remettre à jour son modèle mental. Et le principe des notes n’est pas un bon système d’évaluation, parce qu’il ne donne pas une info suffisamment précise sur l’endroit où l’enfant s’est trompé. L’intérêt pédagogique est limité, tout en générant du stress chez les élèves. Or les émotions négatives vont figer les réseaux de neurones et bloquer les apprentissages, au contraire des émotions positives qui stimulent la curiosité et l’enthousiasme de l’enfant.

Le mauvais exemple du langage

Et à la maison ? Cette charge négative entourant l’erreur se retrouve parfois inconsciemment au plus profond de nos croyances et processus mentaux. Et cela va forcément influencer nos réactions sans que nous nous en rendions compte, et donc biaiser les messages donnés aux enfants apprenants.

Un exemple parmi d’autres de cet ancrage ?

L’expression « commettre une erreur ». Si elle semble la plus appropriée d’un point de vue linguistique, elle l’est sans doute moins quand on analyse sa vraie signification. Car comme le confirme le dictionnaire Larousse, le verbe ‘commettre’ signifie « accomplir une action blâmable ou regrettable ». Cela donne une idée de la charge négative qui entoure la notion d’erreur, et que nous transmettons parfois à notre insu à nos enfants en croyant bien faire.

Il est donc important d’y penser lorsque nous leur donnons un retour… et de limiter notre message à ce qu’est vraiment une erreur : un essai qui n’a pas abouti et que l’on peut utiliser pour progresser.

La place de l'erreur dans la pédagogie active

C’est d’ailleurs dans cette direction que vont certaines méthodes de pédagogie active, comme Freinet ou Montessori. Dans les classes qui appliquent ces pédagogies, on fait en sorte que les élèves identifient eux-mêmes ou avec les autres élèves où ils se sont trompés. L’adulte n’intervient donc pas pour pointer ces erreurs et bloquer l’enfant, mais sera par contre là en soutien pour comprendre pourquoi la réponse n’est pas correcte, sans jugement de valeur.

5 astuces pour démystifier l'erreur

Vous voulez vous libérer de vos réflexes et retirer des épaules de vos enfants le poids injustifié de l’erreur ? Voici 5 astuces qui vont vous y aider.

  1. Votre enfant essaie et n’obtient pas le résultat attendu ? Contentez-vous de décrire ce qui est arrivé, sans exprimer de jugement ou d’émotion négative. « Ce n’est pas cette réponse, essayons une autre pour découvrir la solution de ce calcul ».
  1. Expliquez à vos enfants comment certaines de vos erreurs ont été fondatrices pour vous.
  1. Votre enfant pense qu’il est stupide parce qu’il s’est trompé ? Dites-lui qu’au contraire, cette erreur permet à son cerveau de devenir plus intelligent.
  1. Soyez transparent quand vous vous trompez pour démystifier le tabou de l’erreur : il n’y a pas de honte à se tromper.
  1. Faites remarquer à votre enfant que pour être bon sur sa console vidéo, il teste tout le temps des solutions qui ne marchent pas. Sans ça, il n’en explorerait pas d’autres et n’arriverait pas au bout de son jeu. Et ce principe s’applique aussi pour l’apprentissage des maths ou du français.
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