Aider votre proche peut vous rendre malade

30 septembre 2019

C’est ce qui ressort des premiers résultats de l’étude Partenamut Mutualité Libre sur la santé des aidants proches, réalisée auprès de 6100 aidants proches reconnus.

Un enfant aide un enfant plus petit en tirant son chariot

Les aidants proches, qui assurent un accompagnement indispensable dans le maintien à domicile d’un proche en perte d’autonomie, auraient dû bénéficier d’un statut officiel. Sous réserve d’un processus de reconnaissance par le biais des mutualités, l’octroi de ce statut leur aurait permis de bénéficier d’un congé à plein temps pour assistance médicale allant de 12 à 18 mois et d’un congé thématique aidant proche d’un mois. Problème : des arrêtés d’exécution sont encore nécessaires pour la mise en œuvre de ce statut, qui accuse dès lors un retard regrettable. C’est une déception pour ces personnes qui en viennent souvent à mettre leur propre vie, tant professionnelle que personnelle, de côté pour prendre soin d’autrui.

En Belgique, ce sont environ 800 000 citoyens qui apportent une aide plus ou moins régulière à un membre de leur famille, un ami ou même un voisin. Une main d’œuvre bénévole inestimable qui n’est toujours pas reconnue au niveau de la sécurité sociale. Partenamut, première et seule mutualité à avoir créé un statut particulier pour les aidants proches et qui recense plus de 6100 aidants proches reconnus depuis le 1er janvier 2016, a lancé la toute première étude visant à analyser l’impact de cette solidarité sur leur santé.

Le poids de la charge mentale…

Stress, manque de soutien, manque de sommeil… Les facteurs expliquant la pression psychologique des aidants proches sont nombreux. Sans surprise, l’étude a ainsi démontré que les aidants proches allaient trois fois plus souvent chez le psychologue que les non aidants proches. Pour certains, il s’agit d’un des rares moments où ils peuvent s’exprimer sur ce qu’ils ressentent et vivent au quotidien. Pour Clara (nom d'emprunt), aidante proche de 50 ans qui habite avec sa maman depuis 28 ans, le rendez-vous chez le psychologue toutes les trois semaines est une bouffée d’air frais :

« Je ne peux pas parler de mes problèmes à la maison. Vu la condition de maman, je n’ai pas le droit de me plaindre. Comment pourrais-je lui dire que parfois, j’aimerais voir d’autres personnes, qu’on ait d’autres sujets de conversation, que je me sens seule ? Ce sont des sujets qui me tiraillent tous les jours, mais je ne veux pas l’accabler avec ça. Alors je les garde pour moi. »

…qui en vient à compromettre la santé physique

Mais plus surprenant, l’étude de Partenamut a également mis en avant un réel impact sur la santé physique. Ainsi, le taux de consultation chez le médecin et le kinésithérapeute est plus élevé chez un aidant proche que chez un non aidant. Et cela ne s’arrête pas là : si les aidants proches ont des incapacités de travail (arrêt de travail pour raison médicale de moins d’un an) plus courtes que les non aidants proches (durée : 62 jours vs 75 jours pour les non aidant proches), celles-ci sont plus nombreuses et entrainent deux fois plus de risque de tomber en invalidité (incapacité de travail de longue durée (plus d’un an). Il en est de même concernant les données liées aux hospitalisations : les aidants proches sont plus souvent hospitalisés, mais ils restent moins longtemps à l’hôpital que les non aidants proches. Un soulagement pour eux.

« J’ai subi deux petites opérations depuis que je m’occupe de ma maman. Heureusement, j’ai pu rentrer directement l’après-midi », explique Clara. « J’étais plus stressée par le fait que maman était toute seule à la maison que par l’opération en tant que telle. Qui prendra soin d’elle si je ne suis pas là ? »

Pour Gladys Villey, responsable projet au Département d’Aide à la Personne Partenamut, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

« À trop s’occuper d’autrui, certaines personnes en viennent à ne plus écouter leur propre corps, et cela peut avoir de graves répercussions. Le dévouement de certaines personnes à l’égard de leurs proches peut être à double tranchant », soulève-t-elle. « Vous connaissez l’analogie de l’avion ? Avant de mettre le masque à oxygène à son voisin, il faut s’assurer que le sien est mis correctement. »

Si vous devez aider une personne en manque d'autonomie, pensez à demander le statut d'aidant proche Partenamut. 

Quelles prochaines étapes ?

Si Partenamut met tout en œuvre depuis 4 ans pour faciliter le quotidien des aidants proches par le biais d’aides et de remboursements complémentaires, il est temps que le gouvernement fasse de même. À ce jour, rien n’a encore été établi au niveau fédéral pour les soutenir dans la prévention et le remboursement de leur propre santé.
En accordant un statut officiel, Maggie De Block (Open Vld) aurait fait bien plus qu’accorder un congé légal mérité aux aidants proches. Elle leur aurait offert une vraie reconnaissance, et la possibilité de retrouver une place dans la société. Le report de cette loi est un coup dur pour ces aidants de l’ombre, et montre qu’il y a encore du chemin à faire pour faciliter leur vie, et, non des moindres, améliorer leur santé.

A travers cette étude, Partenamut espère ouvrir les yeux des dirigeants de notre pays et du grand public sur la nécessité d’un soutien financier et moral pour les aidants proches, acteurs indispensables du maintien à domicile de milliers de personnes. Ne laissons pas les aidants proches d’aujourd’hui devenir les aidés de demain.

À propos de l’étude :

L’étude a été réalisée auprès de 6 100 aidants proches et 99 999 non aidants proches. Pour l’échantillon aidant proche, la période étudiée commence par la date de début de reconnaissance et par la date de fin de reconnaissance1 ou la sortie de l’effectif de Partenamut de la personne. Pour l’échantillon des non aidants proches, la période étudiée commence 18 mois à partir de la date de l’analyse (21/08/2019). L’étude détaillée, réalisée en collaboration avec Partenamut, l’Union Nationale des Mutualités Libres et l’UCLouvain sortira début novembre, mettant en avant un bilan de santé complet des aidants proches.

1. Processus de reconnaissance créé par Partenamut octroyant des aides et avantages financiers à ses affiliés. Ne peut se substituer à la reconnaissance légale.

Partagez sur les réseaux sociaux

Avec Partenamut Vitalité,
prenez votre santé en main !

Découvrez l'app Vitalité

© Partenamut 2016 - La mutualité Partenamut offre les produits d’assurances hospitalisation et dentaire de la SMA « MLOZ Insurance ».