Le billet santé du Dr Tomas : le cancer de la prostate, un sujet tabou ?

26 septembre 2019 / Cancer , Maladie , Prevention

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme et il ne cesse d’évoluer. Par réflexe pudique, peu d’hommes se font dépister. Or, s’il est diagnostiqué tôt, les chances de survie sont très élevées. Cela vaut donc la peine d’y prêter attention, vous ne pensez pas?

Le billet santé du Dr Tomas

La Fondation ‘Registre du Cancer’ publie régulièrement les statistiques santé de notre pays. Si le nombre de cancers actuellement diagnostiqués par an est d’environ 68 000, on s’attend à ce qu’il passe à 79 000 d’ici 2025, soit une augmentation de 17%. Les femmes seront les plus touchées avec une augmentation de 22%, mais les hommes ne seront pas épargnés avec une croissance de 12% de nouveaux cas répertoriés.

Que pouvons-nous faire pour enrayer cette évolution ?

Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont été mises en place avec succès du côté féminin. Celles-ci concernent essentiellement le cancer du sein et il ne faut surtout pas relâcher les efforts déployés. Par contre, pour l’homme, nous pouvons certainement faire mieux. Est-ce par réflexe pudique ? Ou parce que nous nous sentons invincibles ? Il est pourtant possible d’infléchir cette évolution qui menace la majorité des hommes après 45 ans.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Et près de 9000 nouveaux cas sont attendus d’ici à 2025, ce qui représentera 33% de l’ensemble des cancers touchant le sexe masculin. Il est déjà en nette augmentation ces dernières années, tout d’abord parce que la population vieillit mais aussi parce que les technologies de diagnostic ont évolué et permettent de détecter un plus grand nombre de cancers débutants. L’âge moyen de détection est de 74 ans. Mais dès 45 ans, il est temps de se poser les bonnes questions afin de préserver notre capital le plus précieux : notre santé. Contrairement à d’autres cancers, celui de la prostate affiche plutôt un bon pronostic, puisque 5 ans après avoir posé le diagnostic les chances de survie sont de 80%.

C’est quoi la prostate ?

On ne la trouve que chez l’homme, la femme n’en possède pas. Elle fait partie de l’organe sexuel masculin, est située juste sous la vessie et a pour rôle de sécréter et stocker ce que l’on appelle le liquide séminal qui constitue la plus grande partie du sperme. Elle est normalement de petite taille, pas plus grande qu’un marron.

Quels sont les symptômes du cancer de la prostate ? 

La plupart des hommes qui vont présenter un cancer de la prostate n’ont pas de symptômes. Les manifestations ne sont pas différentes de celle de l’hypertrophie bénigne (encore appelé adénome prostatique), un gonflement progressif bénin de la prostate. Lors d’une consultation, un toucher rectal peut suffire à poser le diagnostic. Ce n’est pas l’expérience la plus agréable mais ce petit geste peut nous sauver ! Dès les premiers signes urinaires - comme des envies pressantes et irrépressibles d'uriner, une augmentation de la fréquence des mictions, la nécessité de "pousser" pour uriner, une faiblesse du jet qui se fait attendre -  n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre médecin traitant et à profiter de cette consultation pour évoquer d'éventuels problèmes sexuels, une autre conséquence fréquente d’une prostate vieillissante. Votre médecin pourra également vous prescrire une analyse sanguine pour mesurer le taux de PSA (une protéine qui est produite spécifiquement par la prostate). La combinaison de ces deux examens est la procédure la plus efficace pour exclure un problème prostatique.

Souvent considéré comme un signe de vieillissement et une atteinte à la virilité, le cancer de la prostate peut induire de nombreuses craintes, notamment dues aux effets secondaires et à une baisse de l’activité sexuelle. Ces divers éléments peuvent bloquer les hommes et les empêcher d’effectuer une évaluation régulière de leur situation, voire tout simplement d’en parler à leur médecin généraliste qui lui-même peut être embarrassé d’aborder cette question.

Comment éviter les risques d’apparition du cancer de la prostate ?

Si un membre de votre famille proche (père ou frère) a eu un cancer de la prostate, vous êtes plus exposé. Des facteurs génétiques, environnementaux ou alimentaires sont aussi suspectés mais une confirmation de leur rôle est encore attendue. Comme souvent en matière de prévention, l’alimentation est à surveiller. Evitez la viande rouge, les viandes trop cuites ou transformées et consommez régulièrement des anti-oxydants et des omega 3. L’exercice physique, comme dans beaucoup de stratégies préventives (infarctus, diabète, dépression), peut également abaisser le risque de cancer de 50%. Par contre, inutile d’abuser de suppléments vitaminiques ou de sélénium, aucun bénéfice n’a encore pu être observé.

Le rôle essentiel de la prévention

Si vous pensez comme moi qu’il est important de se préoccuper de ce petit organe qu’est la prostate, peut-être serez-vous tenté de rejoindre le mouvement ‘Movember’. Cette association caritative fait de nombreux efforts pour sensibiliser le public et les autorités de santé et faire en sorte que les hommes soient mieux informés des mesures de détection et de prévention. L’une de ses actions consiste à inviter les hommes à se laisser pousser la moustache durant tout le mois de novembre pour récolter des fonds et sauver des vies.

Vous pouvez aussi vous inspirer de l’icône du rock britannique Rod Stewart, chez qui un cancer de la prostate a été identifié il y a deux ans et qui a annoncé récemment sa guérison. Agé de 74 ans, il veut sensibiliser la population en démontrant combien la prévention est importante : « Si je suis guéri c’est parce que je m’en suis occupé tôt. Les gars, il faut vraiment aller chez le docteur ! ». Le journaliste français de TF1, Jean-Pierre Pernaut, lui aussi en phase de guérison d’un cancer de la prostate, avait témoigné il y a quelques mois : « Plus on en parle et plus cela incite les hommes à aller voir leur médecin généraliste ou un urologue. Battez-vous et faites confiance au corps médical ».

Et comme le disait Michel Cymès dans une campagne contre le cancer de la prostate en France il y a quelques années : « ne passez pas à un doigt du diagnostic ! »

 


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