Les aidants proches et le confinement

14 décembre 2020 / Prevention et soins - Maladies graves et chroniques

Le confinement lié à la première vague de Covid-19 a eu des répercussions sur l’ensemble de la société et a également touché le quotidien des aidants proches. Sigrid Brisack, directrice de l’asbl Aidants Proches, nous révèle les résultats d’une enquête menée en collaboration avec la Haute Ecole de Gand.

Le vécu des aidants proches durant le confinement

Interdiction de visite dans les institutions, diminution de l’aide professionnelle, isolement social…, les bouleversements liés à la Covid-19 ont affecté le quotidien des aidants proches. 
Afin d’analyser les difficultés rencontrées par les aidants proches durant le confinement, Partenamut a interviewé Sigrid Brisack, directrice d’Aidants Proches. Cette asbl, qui travaille en collaboration avec l’asbl Aidants Proches Bruxelles, soutient les aidants proches et les accompagne dans leurs démarches, notamment au niveau de la reconnaissance fédérale. Elle mène aussi une série de projets de sensibilisation et d’information à l’attention du grand public et des professionnels. Dans le cadre de la crise sanitaire,  elle a contribué à l’élaboration d’une enquête sur le vécu des aidants proches durant le premier confinement.

Durant le confinement qui a été mis en place de mars à mai, quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants proches observées par votre asbl ?

Dès le début du confinement, nous avons reçu énormément de témoignages d’aidants proches en difficulté. La situation a été compliquée pour les aidants dont le proche était en institution (maison de repos, centre d’accueil pour personnes handicapées…) car ils ne pouvaient plus leur rendre visite, ni les accueillir chez eux durant le week-end. Quant aux aidants dont le proche était à la maison, certains se sont retrouvés, du jour au lendemain, isolés et sans aide extérieure. Toute une série de services (centres d’accueil de jour pour les personnes âgées, enseignement spécialisé pour un enfant porteur de handicap…) ont été stoppés, les prestations médicales ont été diminuées et ils ont dû gérer le quotidien de leur proche sans l’aide de leur entourage par crainte de la contamination.

Lors du déconfinement, la situation a également été compliquée ?

Oui, car la réouverture des institutions ne s‘est pas déroulée partout de la même façon. Certains aidants ont très rapidement pu revoir leurs proches, alors que d’autres ont dû attendre plus longtemps. Et cette gestion, au cas par cas, a engendré beaucoup d’incompréhension et de nombreuses frustrations, aussi bien pour l’aidant que pour la personne aidée.

Comment a été mise en place l’enquête sur le vécu des aidants proches durant le premier confinement ?

Nous avons été contacté par des chercheurs de la Haute Ecole de Gand qui réalisaient une enquête à large échelle sur le vécu des aidants proches flamands pendant le confinement. Ils nous ont proposé de recueillir les impressions des aidants proches francophones. Ce questionnaire a également été relayé par l’intermédiaire de nombreux partenaires, dont les mutuelles. Environ 1000 personnes ont répondu dans toute la Belgique. 

Quelles sont les résultats de cette enquête ?

Les résultats sont en accord avec les témoignages que nous avions déjà reçus. Les aidants proches se plaignent avant tout du manque de services et de professionnels des différents secteurs sur lesquels ils peuvent normalement compter pour les épauler. L’aide consacrée à la personne aidée a été plus lourde durant le confinement et ils ont dû effectuer davantage de tâches paramédicales (préparation des médicaments, soins…). Cette crise a également intensifié certains problèmes, notamment au niveau de l’isolement social et de la fragilité psychique des aidants proches. 

Quels ont été les principaux besoins des aidants durant le confinement ?

Les besoins étaient fort similaires à ceux exprimés habituellement. Les aidants proches auraient voulu avoir davantage de soutien psychologique et de solutions de répit car ils se sont sentis très seuls pour assumer toutes les difficultés et prendre soin de leur proche. Ils ont également constaté un manque de centralisation des informations et auraient voulu pouvoir échanger leur ressenti avec d’autres aidants proches.

Est-ce que vous constatez des différences depuis la mise en place du 2ème confinement ?

Oui, heureusement le confinement est moins strict. Les solutions d’aides sont plus accessibles, la majorité des institutions sont ouvertes et les professionnels sont mieux équipés pour se protéger et s’occuper des personnes aidées. Par contre, la longueur de la pandémie sans véritable perspective à court terme et la saison hivernale qui approche pèsent davantage sur le moral des aidants proches.

Qu’est-ce que cette enquête a mis en lumière ?

Grâce à cette enquête, nous avons obtenu des données quantitatives sur le ressenti des aidants proches qui nous permettent de compléter les témoignages que nous recevons via notre permanence. Ce premier confinement a permis de mieux comprendre ce que vivent les aidants au quotidien : une vie sociale et des activités de loisirs réduites, des déplacements limités, une présence à son domicile quasi permanente lorsque l’aidant vit avec la personne aidée… Avec cette enquête, nous espérons également sensibiliser le grand public au vécu des aidants proches.

Suite à cette enquête, quelles sont vos recommandations ?

Nous avons établi trois priorités. Tout d’abord, un allongement du congé thématique d’un mois à 6 mois dans le cadre de la reconnaissance officielle des aidants proches qui est effective depuis le 1er septembre et qui était un combat de l’asbl depuis 10 ans. Ensuite, une assimilation pour la pension des périodes durant lesquelles les aidants accompagnent un proche et ont réduit leur temps de travail ou arrêté de travailler. Et ceci afin qu’ils ne soient pas pénalisés au moment du calcul de leur pension. Et enfin, une attention particulière à la santé de l’aidant qui pourrait passer par une identification dans le dossier médical global de la personne qu’il aide mais aussi dans son propre dossier car le fait de consacrer du temps à un proche a une influence sur sa santé mentale et physique. Ainsi que la mise en place de consultations médicales préventives pour vérifier l’état de santé de l’aidant proche.

Plus d’infos : https://wallonie.aidants-proches.be/

Partenamut et les aidants proches

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Assumer le rôle d’aidant proche peut avoir des répercussions sur sa vie et sur sa santé. C’est pourquoi, Partenamut reconnaît le statut « aidant proche Partenamut » et offre un accompagnement sur mesure et des avantages spécifiques (aide-ménagère, aide familiale, garde-malade...), ainsi que des activités de répit et des formations afin de mieux appréhender la perte d’autonomie du proche et son bien-être personnel.
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