Les 10 priorités du Belge pour la santé

2 avril 2019

En vue des élections de mai 2019, les Mutualités Libres, en tant qu’acteur indépendant, appellent toutes les formations politiques à mettre en route un projet de société qui place le bien-être et la santé de la population au centre des préoccupations.

Les 10 priorités des Belges en matière de santé

En posant la question "Que souhaite le citoyen pour sa santé ?", la réflexion a débouché sur 10 priorités pour l'avenir des soins de santé, adaptées aux préférences et aux besoins du patient ! Dans leur réflexion, les Mutualités Libres ont aussi lié chacune de ces 10 priorités à des objectifs de santé. Ceux-ci rendent la politique de santé concrète pour les citoyens. Les objectifs encouragent aussi l’ensemble des acteurs de la santé à s'impliquer activement pour relever les défis de demain. Focus sur ces 10 priorités.

1. Investir dans une politique de prévention ambitieuse et intégrée

L’ensemble des moyens consacrés à la prévention en Belgique représente 2,1 % des dépenses totales de santé, ce qui place notre pays largement en-dessous de la moyenne européenne de 3 %. Pourtant, d’un point de vue économique, le rendement général des investissements dans la prévention présente un rapport de 4 euros sur 1 euro investi. Le potentiel de prévention des maladies chroniques est donc très important et largement sous-exploité.

La lutte contre le cancer est considérée comme la priorité par plus de 80 % de la population, mais on peut aussi encore largement travailler sur les causes principales du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires. Il faut donc axer la prévention sur les 5 causes principales de maladies chroniques et/ou graves : le tabagisme, l’alcoolisme, le surpoids, le manque d’activité physique et l’alimentation industrielle. Aussi, augmenter le taux de participation aux programmes de dépistage et améliorer le taux de vaccination contre la grippe.

2. Améliorer la littératie en santé

La littératie en santé se définit comme “la capacité d’un individu à trouver, à comprendre et à utiliser l’information santé de base, les options de traitement qui s’offrent à lui et à prendre des décisions éclairées concernant sa propre santé”. En Belgique, seuls 6 personnes sur 10 comprennent correctement les instructions de leur médecin et l’observance des traitements dans le suivi des maladies chroniques n’est que de 50% en moyenne.

L’éducation à la santé est donc un défi sociétal majeur qui implique de nombreux intervenants et il est essentiel d’améliorer la qualité de la relation et de la communication entre le médecin et le patient.

3. Favoriser des soins de première ligne coordonnés

Les soins de première ligne englobent plusieurs disciplines tels que les médecins généralistes, les dentistes, les sages-femmes, les pharmaciens, les paramédicaux (infirmières, kinésithérapeutes, psychologues,…) ainsi que de nombreuses formes d’aides venant en support aux soins (assistantes sociales, aides familiales, aidants qualifiés,…). Vu l’explosion des maladies chroniques, des multipathologies ou des problèmes de santé mentale, cette première ligne de soins est confrontée à une multitude de situations, où se combinent les dimensions médicales, psychologiques, sociales et culturelles. Les médecins généralistes jouent, au sein de cette première ligne, un rôle central dans l’organisation de soins intégrés autour du patient. Afin de pouvoir gérer les cas qui dépassent leur compétence, ils doivent pouvoir se reposer sur une collaboration avec des réseaux de soins spécialisés dans la prise en charge de certaines pathologies chroniques spécifiques, dans les soins de santé mentale, les soins palliatifs ou la revalidation. Un échange optimal de données entre tous les acteurs et un modèle de financement favorisant la collaboration et la qualité des soins sont des conditions nécessaires pour garantir le succès des modèles de soins intégrés.

4. Assurer des soins hospitaliers de qualité fonctionnant en réseau

Les bases de la refonte du paysage hospitalier viennent d’être installées : mise en réseau des hôpitaux et évolution vers un financement forfaitaire. Mais il est essentiel de finaliser le cadre réglementaire des réseaux hospitaliers et lever les barrières aux fusions entre hôpitaux privés et publics. Ceci afin de mettre en place la rationalisation des lits pour correspondre aux (futurs) besoins hospitaliers, d’étendre les centres de référence pour les interventions complexes et de baser le financement par forfait, sur base du réel prix de revient des soins. Le tout vise, à terme, une amélioration des soins.

5. Améliorer la prise en charge de la santé mentale

Actuellement, les troubles mentaux sont à l’origine de plus d’un tiers des incapacités de travail. Même si ces problèmes de santé mentale ne sont pas nouveaux, ils sont en croissance et celle-ci devrait encore s’accentuer sous l’effet du vieillissement de la population et des changements sociétaux. Le taux de suicide de 3 par jour en Belgique (dans le top 3 européen) et la constatation que la moitié des troubles psychologiques surviennent à l’âge de 14 ans, ajoutent à l’inquiétude générale. L’identification et une prise en charge adéquate de la dépression sont donc essentielles. Or, les soins psychologiques sont peu accessibles financièrement. Cette problématique est identifiée comme un domaine prioritaire pour les citoyens favorables à un remboursement de la psychologie / psychothérapie et à des initiatives visant à diminuer le stress lié au travail.

6. Mener une politique des médicaments efficiente et innovante

La politique des médicaments doit poursuivre un double objectif :

  • mettre à disposition des patients les traitements innovants leur offrant les meilleures perspectives de santé
  • et assurer une utilisation rationnelle des médicaments dans une perspective d’efficacité clinique, d’efficience économique et de sécurité des patients.

La Belgique figure parmi les pays ayant le plus haut taux de prescription après consultation, ce qui se traduit par des taux de consommation supérieurs aux pays voisins pour les antibiotiques, les antidépresseurs, les médicaments pour les troubles de la sécrétion d’acide gastrique ou encore les hypocholestérolémiants, pour ne citer que quelques exemples. Cela représente un dépassement budgétaire important et un problème de polymédication. C’est pourquoi cet usage excessif doit être rationalisé.

7. Prévenir et accompagner les incapacités de travail

Depuis de nombreuses années, le nombre de personnes écartées temporairement ou définitivement du marché du travail pour cause d’incapacité de travail est en augmentation constante. Dans ce contexte, de nombreuses initiatives ont vu le jour, mais semblent encore disparates, voire contradictoires. C’est pourquoi il paraît important de faire le bilan de ces initiatives et, le cas échéant, de faire les aménagements adéquats avec l’implication de l’ensemble des acteurs concernés : employeurs, médecins traitants, mutualités, médecins-conseils et médecins du travail.

Ce plan devrait reposer sur les principes suivants :

  • L’évaluation et la valorisation des capacités restantes des personnes en incapacité de travail.
  • La garantie d’un revenu de remplacement supérieur au seuil de pauvreté.
  • La responsabilisation des employeurs en matière de bien-être au travail et de réintégration professionnelle.

8. Assurer le bien-être des aînés

Les projections démographiques prévoient un vieillissement de la population constant qui devrait plafonner vers 2040. D’ici là, 10 % de la population aura plus de 80 ans. Cependant, rester à domicile et garder son autonomie ressort clairement comme la préférence des citoyens. Dans ce cadre, afin d’offrir aux personnes âgées un système favorisant le maintien à domicile, des solutions doivent être développées, en quantité et en qualité suffisante, pour répondre à l’évolution des besoins et du degré de dépendance :

  • Accompagnement des aidants proches.
  • Encadrement et soins à domicile.
  • Solutions de télémédecine / télémonitoring.
  • Solutions de répit.
  • Accueils de nuit ou de jour.
  • Résidences services
  • Maisons de repos et de soins.

9. S’inscrire dans l’eSanté 3.0

Si le potentiel de l’e-santé est immense et porteur de valeur ajoutée et d’économies, sa mise en pratique reste frileuse et l’adoption trop lente. Les projets à finaliser et déployer en priorité sont :

  • La facturation électronique des prestations ambulatoires et la suppression des attestations de soins associées.
  • La demande, le suivi et la consultation électroniques des accords médecins-conseils.
  • La prescription électronique.
  • Le certificat électronique.
  • Le dossier médical partagé et les échanges de données médicales structurées.

10. Réduire l’impact de l’environnement sur la santé

En quelques décennies, notre modèle de société a bouleversé l’environnement avec des impacts sur le climat, la qualité de l’air, les forêts, les mers et les cours d’eau. Nos méthodes de culture, d’élevage et de production, conjuguées à nos habitudes de consommation et de mobilité sont au cœur de ce bouleversement. Tous ces éléments, l’exposition aux particules fines et aux perturbateurs endocriniens en tête, sont à l’origine d’une épidémie silencieuse d’allergies, de maladies cardiaques et pulmonaires, et de cancers. Le lien entre l’environnement et la santé doit donc constituer une priorité pour notre société afin d’éviter de devoir soigner, demain, des maladies que nous aurons nous-même créées.

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