La vaccination à tout âge
Tout au long de notre vie, nous sommes confrontés à de nombreuses maladies infectieuses. Certaines peuvent être évitées grâce à la vaccination. Considérés comme des outils fiables de la médecine moderne et comme des moyens de prévention efficaces, les vaccins véhiculent pourtant, encore à l’heure actuelle, de nombreuses idées fausses…
Comment agit le vaccin ?
La vaccination repose sur le principe de l’immunisation. Pour stimuler les défenses immunitaires sans déclencher la maladie, on introduit :
- soit une partie de l’agent infectieux qui provoque la maladie
- soit la totalité de l’agent infectieux sous une forme atténuée
- soit une anatoxine, c'est-à-dire la toxine de l’agent infectieux dont on a détruit la toxicité.
Par la suite, lorsque l’organisme sera exposé à cet agent infectieux, les défenses immunitaires seront capables de le rendre inoffensif avant même que la maladie ne se développe. Les effets secondaires sont rares, même si le risque zéro n’existe pas. Rassurez-vous : avant d’être mis
sur le marché, il faut savoir qu’un vaccin doit répondre à des critères de qualité, de sécurité et d’efficacité.
Une protection variable
Certains vaccins sont plus “immunogènes” que d’autres, c'est-à-dire qu’ils entraînent une meilleure réponse du système immunitaire. Le vaccin contre la rougeole, par exemple, offre un “taux” de protection de 95% alors que le vaccin contre la typhoïde protège entre 65 et 75% des personnes vaccinées.
Le lieu de l’injection peut aussi influencer l’efficacité de la vaccination. Par exemple, le vaccin contre l’hépatite B protègeplus de 90% des adultes vaccinés lorsqu’il est injecté, comme recommandé, dans le muscle de l’épaule. Une injection dans la fesse réduit le “taux” de protection. Pour maintenir la
qualité du vaccin, il est également essentiel de respecter les consignes de conservation.
La vaccination des enfants
Chez l’enfant, la vaccination s’inscrit dans une politique globale de prévention et est régie par les Communautés de l’état fédéral. Ces dernières établissent, chaque année, une politique de vaccination et suivent le calendrier vaccinal de base du Conseil Supérieur de la Santé.
En Belgique, un seul vaccin est obligatoire : celui contre la poliomyélite. Il est néanmoins vivement recommandé de vacciner également contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, la rubéole et les oreillons. Surtout si votre enfant fréquente une crèche ou tout autre milieu d’accueil agréé. Il devra, alors, être
soumis au programme de vaccination officiellement recommandé par l’ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) ou par Kind en Gezin. A part ces vaccins, les parents sont libres de vacciner ou non leurs enfants contre les autres maladies du calendrier vaccinal.
La vaccination des adultes
A l’âge adulte, la vaccination relève davantage de l’initiative individuelle. Selon la profession ou le lieu de voyage, certains vaccins sont néanmoins recommandés. Par exemple, la vaccination contre l’hépatite A et B pour les personnes qui voyagent beaucoup ou le rappel de la diphtérie et du tétanos tous les dix ans, à partir de l’âge de 15-16 ans.
La vaccination des seniors
A partir d’un certain âge, l’infection par un virus ou une bactérie peut entraîner des réactions plus graves que chez une personne jeune. D’où l’importance de la vaccination audelà de 60 ans. La vaccination contre la grippe est administrée chaque année, entre mi-octobre et début décembre.
La vaccination contre le pneumocoque est également recommandée pour les adultes de plus de 65 ans (à renouveler tous les 5 à 7 ans).
Pourquoi se protéger contre une maladie presque éradiquée ?
Même si certaines maladies semblent avoir presque disparu du paysage belge, il est nécessaire de poursuivre la vaccination pour plusieurs raisons :
- Les microbes de ces maladies existent toujours ici comme dans d’autres parties du monde.
- En se faisant vacciner, on protège aussi ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner (pour raisons d’allergie, grossesse, maladie, etc.).
- Sans la vaccination, les maladies infectieuses aux complications sévères et les décès seraient beaucoup plus nombreux.
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Un peu d'histoire
Lorsqu’on pense à l’histoire du vaccin, on ne peut s’empêcher d’associer cette découverte au personnage bien connu qu’était Louis Pasteur (1822-1895). A juste titre, puisque c’est lui qui, en 1885, a préparé avec succès le premier vaccin humain contre la rage. Cependant, un siècle avant lui, un médecin de campagne anglais appelé Edward Jenner (1749-1823), avait déjà réalisé que les fermières en contact régulier avec le virus de la variole bovine, la vaccine, ne contractaient jamais la variole.
Aux XXè et XXIè siècles les élèves du grand maître Pasteur poursuivent son oeuvre et mettent notamment au point le vaccin BCG contre la tuberculose (1921), le vaccin contre la diphtérie et le tétanos (1923-1924), un vaccin contre la fièvre jaune (1927) et un vaccin contre la poliomyélite (1954). Une vingtaine d’années et plusieurs avancées scientifiques plus tard, le monde se voit enfin débarrassé totalement d’un fléau qui a tué des millions de personnes au cours des siècles :
la petite vérole ou variole. C’est ainsi qu’en 1976, l’OMS annonce l’éradication mondiale de la variole.
& demain ?
L’OMS prévoit que d’autres maladies, comme la poliomyélite, disparaissent totalement de la surface de la terre. La production de nouveaux vaccins est également à espérer. Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus a notamment vu le jour l’année dernière. Dans les prochaines années, il faut s’attendre à ce que naissent des vaccins contre la toxoplasmose, le cytomégalovirus, la malaria, l’hépatite C, le virus d’Epstein Barr responsable de mononucléose infectieuse, etc. Un groupement s’est également mis en place, soutenu par l’OMS et ONUSIDA pour accélérer la mise au point d’un vaccin contre le virus du SIDA.
Dernière mise à jour le 25/03/2008