Quand le corps fait une pause…
Bouffées de chaleur, irritabilité, baisse de la libido… autant de signes qui peuvent vous faire penser à la ménopause ou chez vous messieurs à l'andropause. Bien que différentes chez l'homme et chez la femme, ces étapes de notre vie sont importantes et il convient de les aborder le plus sereinement possible. Voici de quoi vous aider à mieux vous renseigner.
Andropause et ménopause, les symptômes
Au féminin
Symptômes de la ménopauseAbsence de menstruation, bouffées de chaleur, insomnie, dépression, dépréciation de soi, angoisse... autant de signaux d'alerte que vous envoie votre corps. Vous êtes peut-être en phase d'apparition de la ménopause. La production d’œstrogènes, l’hormone féminine, se met alors à diminuer pour, finalement, cesser. La ménopause est un changement important pour la femme, tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Les conséquences de ces dérèglements hormonaux peuvent parfois être gênantes : sueurs nocturnes, sécheresse de la peau, de la muqueuse du vagin, diminution de la libido, irritabilité, etc. Le risque d'ostéoporose, de cancer et de maladies cardiovasculaires augmente également de façon significative au cours de cette période.
Quel est l'âge "normal" de la ménopause ?
L'âge normal de la ménopause est de 50 ans, avant 45 ans, on parlera de ménopause précoce et après 55 ans de ménopause tardive.
Sachez également que certains facteurs peuvent moduler l'âge de la ménopause tels que
- Facteurs génétiques (ménopause précoce à 25 – 30 ans) ;
- Castration chirurgicale (coelioscopie ou laparotomie) ;
- Castration chimique : chimiothérapie.
BON A SAVOIR
Un dosage hormonal n'est nullement nécessaire, en revanche si vous avez subi une hystérectomie, votre gynécologue vous prescrira sûrement un dosage de FSH. De même, un examen de la glande thyroïde peut s'avérer nécessaire selon les facteurs de risque que vous présentez. Parlez-en à votre médecin !
Testez vous
1 Souffrez-vous de bouffées de chaleur ou de crises de sudation ?
2 Ressentez-vous des troubles cardiaques (palpitation, accélération du rythme cardiaque) ?
3 Souffrez-vous de troubles du sommeil ?
4 Etes-vous d'humeur dépressive ?
5 Etes-vous nerveuse et irritable ?
6 Etes-vous physiquement épuisée ?
7 Avez-vous des troubles de mémoire ?
8 Avez-vous des difficultés de concentration ?
9 Votre désir sexuel diminue-t-il ?
10 Ressentez-vous une sécheresse vaginale ou des douleurs lors de vos rapports sexuels ?
11 Avez-vous fréquemment envie d'uriner ou des difficultés à retenir votre urine ?
12 Ressentez-vous des douleurs articulaires, musculaires ou dorsales ?
Résultats
Si vous avez plus de 40 ans et avez répondu "oui" à au moins 5 des questions du test, vous approchez certainement de la ménopause. Il se peut aussi que vous soyez déjà ménopausée.
Nous vous conseillons alors de communiquer ces éléments à votre médecin traitant pour l'aider à établir le diagnostic.
BON A SAVOIR
Gardez toutefois à l'esprit que chaque femme aborde la période du milieu de vie et de la ménopause avec ses propres particularités. Ce test n'a qu'une valeur indicative et ne remplace en rien une consultation auprès de votre médecin !!
Au masculin
Du côté des hommes…Certains hommes vivent un phénomène plus ou moins analogue à la ménopause avec la baisse de production de la testostérone, l’hormone masculine. La diminution est cependant plus progressive et apparaît à un âge plus avancé. Fatigue générale, perte du désir d'entreprendre, baisse de la libido sont autant de plaintes qui se font de plus en plus fréquentes chez les hommes aux abords de la cinquantaine. On ne parlera cependant d'andropause que si ces plaintes s'accompagnent de taux anormalement bas de progestérone et de modifications corporelles telles qu'une diminution de la masse et de la force musculaires et une augmentation de la masse graisseuse.
BON A SAVOIR
Grande différence cependant d'avec les femmes : chez un homme, même en phase d'andropause, la fertilité n'est pas touchée (alors qu'il devient impossible pour une femme ménopausée de procréer). Pensez à Mick Jagger, papa pour la 7ème fois à 64 ans !
Messieurs, testez-vous !
Présentez-vous les signes de l'andropause ? Prenez votre santé en main et testez-vous ! Le test ADAM (Androgen Deficiency in Aging Men) est un outil servant à dépister les symptômes d'une baisse de testostérone chez les hommes âgés de plus de 40 ans.
Ce test constitue une première étape simple pour savoir si vos symptômes pourraient être liés à l'andropause. Répondez aux questions ci-dessous et reportez-vous à l'interprétation de vos résultats.
1. Avez-vous constaté une diminution de votre libido (désir sexuel) ?
2. Sentez-vous un manque d'énergie ?
3. Avez-vous constaté une diminution de force musculaire et/ou d'endurance à l'effort ?
4. Avez-vous remarqué une diminution de votre taille ?
5. Avez-vous noté une diminution de votre joie de vivre ?
6. Vous sentez-vous triste ou grincheux ?
7. Vos érections sont-elles moins fortes ?
8. Avez-vous remarqué une diminution de vos capacités sportives ?
9. Tombez-vous endormi après les repas ?
10. Avez-vous remarqué une diminution récente de votre capacité de travail ?
Interprétation du test
Si vous avez répondu "oui" à la question 1 OU à la question 7 OU encore à 3 questions sur l'ensemble du test : il serait peut-être bon que vous discutiez de ces symptômes avec votre médecin qui décidera si un dosage de votre taux de testostérone s'avère nécessaire.
BON A SAVOIR
Gardez toutefois à l'esprit que chaque homme aborde la période du milieu de vie et de l'andropause avec ses propres particularités. Ce test n'a qu'une valeur indicative et ne remplace en rien une consultation auprès de votre médecin !!
Il faut dédramatiser !
Du côté du psychique
Trop souvent vécue comme un drame, cette étape de la vie -lorsqu'elle ne touche pas des cas extrêmes- peut très bien s'aborder de manière "zen" et tranquille.Certes, il y a des modifications psychologiques et caractérielles indéniables telles que
- une diminution de la libido,
- une dépréciation de soi,
- une modification du caractère : irritabilité, nervosité accrue, tendance dépressive, anxiété, angoisse,
- une tendance à la perte de la mémoire,…
Mais toutes ces altérations ne sont pas "obligatoires". Il n'est pas dit que vous alliez subir tous ces bouleversements. Soyez à l'écoute de votre corps et de ses changements hormonaux et surtout, n'ayez aucune honte à en parler à votre médecin. Il suffit parfois d'une petite aide, d'une écoute pour que tout aille mieux. Le mot d'ordre : dédramatiser !
Et la sexualité ?
Une relative sécheresse vaginale ainsi que l'apparition de signes d’incontinence urinaire à l’effort peuvent apparaître chez certaines femmes. Là encore, parlez-en avec votre partenaire avant tout, mais aussi avec votre médecin ! Un lubrifiant intime peut, par exemple, vous aider… pensez-y !Du côté des hommes, un dysfonctionnement érectile peut survenir. Même si ce sujet a longtemps été négligé, un changement d’attitude s’opère actuellement, en grande partie par la médiatisation des moyens thérapeutiques comme la petite pilule bleue…
Les causes de dysfonctionnement érectile comprennent :
- des troubles vasculaires,
- des troubles neurologiques,
- des troubles endocriniens,
- ou encore des troubles psychologiques.
Il n'est certes pas facile d'en parler spontanément et pourtant…ce sujet ne doit pas être tabou. Abordez peut-être la question avec votre médecin en lui demandant plus d'informations sur la fréquence des difficultés d’érection chez l’homme âgé et les possibilités de traitements….
Dans tous les cas, une vie sexuelle épanouie n'a pas d'âge… n'ayez donc pas "honte" des troubles que peuvent engendrer ménopause et andropause. Parlez-en entre vous et consultez dès que vous en sentez la nécessité !
Le point sur les traitements
Traiter la ménopause…
Les traitements hormonaux de substitution réhabilités !Après avoir longtemps été décrié – notamment pour son risque d'augmentation du cancer du sein chez la femme - le traitement hormonal de substitution (THS) est désormais réhabilité par les experts médicaux.
Ce traitement remplace les hormones que l’organisme ne secrète plus lors de la ménopause et permet de supprimer les désagréments liés à la baisse de production de progestérone et d’oestrogènes. Les hormones de substitution utilisées sont qualifiées de « naturelles » car leur structure moléculaire comme leurs effets biologiques se rapprochent de ceux des ovaires.
Traiter la ménopause
Le THS n’est pas obligatoire, il est essentiellement préventif. Toutefois si :
- Vous êtes âgées de moins de 60 ans et/ou,
- Vous avez été récemment ménopausées et/ou,
- Vos symptômes deviennent gênants voire invivables.
Consultez votre médecin afin d’envisager, avec lui, la possibilité d’un traitement par THS.
Bien entendu, le choix final d’un tel traitement vous appartient, mais sachez que les bénéfices sont importants sur la qualité de vie et sur la santé :
- Réduction de 20 % de la mortalité post-ménopausique,
- Effet favorable sur les os (un traitement de plus de 5 ans contribue à prévenir l'ostéoporose et les maladies cardiovasculaires)?
- Chez certaines femmes, diminution de la fréquence d’apparition du diabète de type II (dit « diabète de maturité »).
Demandez à votre médecin de vous prescrire le traitement le mieux adapté à votre cas.
Certes, ce traitement n’est pas anodin et une surveillance s’impose notamment afin de palier le risque de cancer du sein. D’où l’importance d’une mammographie de dépistage, non seulement de manière systématique1 , mais à une périodicité plus fréquente si des risques particuliers existent.
Quelques mots sur les oestrogènes…
On a beaucoup parlé de traitement de la ménopause par le soja. En réalité, il s’agit de traitement par phyto-oestrogènes. Or leur effet bénéfique n’a pas encore été prouvé, mieux, de récentes études tendraient à démontrer que les désagréments tels que l’irritabilité ne diminuaient pas plus chez des femmes traitées aux phyto-oestrogènes que chez celles qui avaient pris un placebo !
… et l’andropause
L’andropause engendrant moins de modifications physiologiques, le problème majeur reste les troubles érectiles. Un bilan peut, dans un premier cas, être effectué. Il consiste à connaître le taux de testostérone et à investiguer les rubriques des pathologies et traitements susceptibles de modifier l’érection. La modification de l’hygiène de vie (baisse voire suppression de l'alcool et du tabac) et l’adaptation des thérapeutiques prises constituent une étape préalable parfois suffisante. Au-delà, il existe des traitements spécifiques :- La prise de Sildénafil (la célèbre pilule bleue) sous surveillance médicale.
- La stimulation : traitement à base de gonadotrophines chorioniques (HCG) qui ont une activité hormonale analogue à celle des hormones hypophysaires. Les HCG vont remplacer les hormones hypophysaires déficientes et stimuler l'activité testiculaire.
- La supplémentation : utilisé principalement dans le cas où l'insuffisance vient des testicules, le traitement consistera alors à administrer de la testostérone. Celle-ci pourra être prise tous les jours par la bouche ou toutes les 3 à 4 semaines par injection intramusculaire.
- D’autres techniques, plus rares, telles que des anneaux de constriction, des prothèses et implants péniens, une revascularisation du pénis… peuvent être envisagées.
Dans tous les cas, la thérapie de remplacement hormonale nécessite des ajustements soigneux pour chaque patient sur une base individuelle. L'évolution du traitement doit aussi être cliniquement surveillée de manière continue.
Sachez également que le coût des THS est parfois pris en charge par votre mutuelle, renseignez-vous !
Liens utiles
- Site "andropause" en français, élaboré en collaboration avec l'université de Liège
- Site de la société belge de la ménopause
Dossier réalisé avec le concours du Docteur Kurt Crener, gynécologue et oncologue.
Dernière mise à jour le 14/10/2010