Vaccination : la protection en une piqûre !
Contre quelles maladies est-il recommandé de se faire vacciner ? Le besoin en vaccinations change-t-il avec l'âge ? Qu'en est-il des injections nécessaires pour un voyage dans un pays exotique ? Ces questions vous trottent dans la tête ? Vous y trouverez les réponses dans ce dossier !
Connaissances générales
Comment fonctionne un vaccin ?
La vaccination est basée sur le principe de l'immunité. En d’autres termes :
- Un vaccin est constitué de germes morts ou fortement affaiblis de la maladie.
- Ces germes sont injectés dans le corps pour stimuler le système immunitaire. Il existe également des vaccins qui sont administrés par voie orale ou nasale. Le système immunitaire va en effet produire des anticorps, de sorte que lorsque les vrais germes de la maladie attaqueront, les anticorps seront prêts à les neutraliser. La production de nouveaux anticorps est également plus rapide.
- Dans la mesure où les germes de la maladie injectés sont morts ou affaiblis, la maladie ne se déclare pas. Des effets secondaires ou certaines réactions du corps sont même très rares.
Bon à savoir : On ne peut jamais garantir à 100 % qu'il n'y aura pas d'effets secondaires. Les vaccins sont dès lors minutieusement testés au niveau de la qualité, de l'efficacité et de la sécurité. Vous pouvez donc dormir sur vos deux oreilles : en comparaison avec les dangers des maladies infectieuses, les éventuelles réactions du corps à un vaccin sont minimes.
Que contient un vaccin ?
La mission du vaccin est de stimuler le système immunitaire, sans toutefois déclencher la maladie. Pour ce faire, il existe trois possibilités :
- Un vaccin vivant affaibli : une forme affaiblie de l'agent pathogène est alors injectée.
- Un vaccin inactif ou "mort" : l'agent pathogène est alors "tué" avant d'être injecté. Afin de le/la "tuer", le virus ou la bactérie est chauffé(e), épuré(e) ou rendu(e) inactif(ve) par une action chimique. La réaction du système immunitaire est ainsi moins forte qu'avec un vaccin vivant.
- Un vaccin combiné : il peut aussi bien s'agir d'une combinaison de vaccins morts que de vaccins vivants affaiblis.
Lorsque votre corps est exposé à l'un de ces vaccins, votre système immunitaire va intervenir et désactiver l'agent pathogène avant que la maladie ne se développe.
Existe-t-il différents degrés de protection ?
Oui ! Certains vaccins entraînent en effet une plus forte réaction du système immunitaire que d’autres. Différents facteurs jouent un rôle :
- Les vaccins vivants affaiblis (par ex. : les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole) ont un degré de protection plus élevé que les vaccins morts (par ex. : le vaccin contre la polio).
- L'endroit où le vaccin est injecté influence également son efficacité. Le vaccin contre l'hépatite B protège, par exemple, plus de 90 % des adultes vaccinés s'il est injecté dans un muscle de l'épaule.
- Il est important de respecter les conditions de conservation des vaccins. Ils conservent ainsi leur qualité.
Qu'en est-il des maladies qui sont presque enrayées ?
Même lorsqu'une maladie est presque enrayée, la vaccination doit être poursuivie, principalement pour deux raisons :
- Les microbes ou virus d'une telle maladie peuvent en effet encore être présents. L'agent pathogène peut également encore être actif dans d'autres parties du monde.
- Certaines personnes ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales (en raison d'une grossesse, d'allergies ou d'une certaine maladie). La vaccination de l'entourage de cette personne permet d'éviter toute transmission.
La vaccination part donc d'un principe d'altruisme. Une personne vaccinée protège en effet son entourage. Sans vaccinations, il y aurait donc beaucoup plus de maladies infectieuses.
Et qu'en est- il des voyages lointains ?
Pourquoi est-il nécessaire de se faire vacciner pour un voyage lointain ?
Explorer les quatre coins du monde est bien évidemment passionnant et enrichissant, mais les pays lointains recèlent également des dangers. Dans les pays exotiques, l'hygiène laisse en effet souvent à désirer, ce qui laisse une chance d'attaquer aux maladies infectieuses. Vous ne voulez pas contracter la fièvre jaune, l'hépatite A ou le typhus abdominal ? Une vaccination est alors de mise !
Quels sont les paramètres qui influencent un vaccin de voyage ?
Les vaccins obligatoires ou recommandés pour l'étranger ne sont bien évidemment pas toujours les mêmes. Les conseils et recommandations diffèrent en fonction :
- du type de voyage (une randonnée à travers la jungle ou des vacances relax à l'hôtel)
- de la destination. Vous ne devez pas vous faire vacciner contre le typhus abdominal ou la fièvre jaune pour chaque pays
- de la saison. A certaines périodes de l'année, il peut y avoir un risque accru d'épidémies
- du voyageur (adulte, enfant, personne âgée, femme enceinte).
Remarque : vous pouvez vérifier les vaccins requis pour chaque pays sur www.itg.be.
Maladies spécifiques et situations
Pour certaines maladies, il existe des consignes, vaccins et interventions financières spécifiques :
La grippe
Quel est le degré de gravité de la grippe saisonnière ?
Pour la plupart des personnes, la grippe saisonnière est surtout un mauvais moment à passer plutôt qu'une maladie mortelle. Après une semaine à la maison, la plupart des gens reprennent le dessus, mais ce luxe ne vaut malheureusement pas pour tout le monde.
Certaines personnes peuvent en effet être gravement malades à cause de la grippe saisonnière, avec des complications comme la bronchite et la pneumonie. La grippe saisonnière peut dès lors demander une hospitalisation et dans certains cas, la maladie peut même avoir une issue fatale.
Pourquoi est-il important de se faire vacciner chaque année contre la grippe ?
- Après la vaccination, la quantité d'anticorps diminue progressivement. Après un certain temps, les anticorps ne sont donc plus assez nombreux pour offrir une protection suffisante contre le virus de la grippe.
- Le virus de la grippe connaît régulièrement quelques modifications génétiques. En raison de ces mutations, le vaccin contre la grippe est légèrement adapté chaque année. Pour éviter que le virus mutant de la grippe ne vous prenne dans ses filets, une nouvelle piqûre annuelle contre la grippe s'impose.
Bon à savoir : la vaccination contre la grippe doit se faire entre fin septembre et début décembre.
Existe-t-il une intervention pour le vaccin contre la grippe ?
Le vaccin contre la grippe coûte entre 10 et 11 euros. Les personnes à risques ont toutefois une réduction de 40 % sur le prix du vaccin. Il s'agit :
- des personnes de plus de 50 ans
- des personnes souffrant d'une maladie chronique comme le diabète, une affection pulmonaire, cardiaque ou rénale ou d'un trouble de l'immunité.
- des personnes qui travaillent dans le secteur de la santé et qui sont en contact avec des personnes présentant un risque accru de complications.
- des éleveurs professionnels de volaille et/ou de porc et les membres de leur famille ou les personnes qui sont en contact journalier avec de la volaille et des porcs vivants, dans le cadre de leur travail
- des femmes enceintes d'au moins trois mois
- des personnes institutionnalisées
- des enfants de 6 mois à 18 ans sous thérapie à l'acide acétylsalicylique de longue durée
Qu'en est-il de la grippe mexicaine ?
Le cancer du col de l'utérus
Quelles sont les femmes qui peuvent être atteintes du cancer du col de l'utérus ?
Toute femme sexuellement active peut être confrontée au cancer du col de l'utérus. Il ne s'agit donc pas uniquement des femmes majeures ! Les infections causées par le papillomavirus humain apparaissent en effet plus souvent chez les jeunes femmes qui n'ont pas encore de partenaire fixe. Lorsqu'une femme, quel que soit son âge, change de partenaire, elle court le risque de contracter le virus. Les facteurs de risque du cancer du col de l'utérus sont les suivants :
- premiers rapports sexuels à un jeune âge
- plusieurs partenaires
- plusieurs grossesses
- autres affections sexuellement transmissibles
- le tabagisme
- un système immunitaire affaibli
Comment peut-on dépister le cancer du col de l'utérus ?
Un frottis est la seule manière de déceler le cancer du col de l'utérus de manière précoce. Il s'agit d'un test simple et indolore réalisé par le médecin généraliste ou le gynécologue. Il est recommandé de faire faire un frottis dans l'année qui suit les premiers rapports sexuels et certainement à partir de l'âge de 25 ans.
Remarque : jusqu'il y a peu, il n'existait pas de limite de remboursement pour les frottis, mais la situation a changé. Le frottis est à présent remboursé une fois tous les deux ans (soit chez le médecin généraliste, soit chez le gynécologue). Selon les normes internationales, il suffit en effet de faire faire un frottis une fois tous les trois ans.
Quels vaccins peuvent prévenir le cancer du col de l'utérus ?
Les vaccins Gardasil® et Cervarix® offrent, entre autres, une protection contre les papillomavirus humains 16 et 18. Les interventions pour ces vaccins étaient auparavant limitées à l'âge de 15 ans, mais cette limite d'âge a été étendue jusqu'à l'âge de 18 ans inclus.
Important :
- L'intervention est limitée à trois injections par bénéficiaire (ceci correspond aux recommandations pour une protection optimale). Le schéma de vaccination doit de préférence être terminé avant le premier rapport sexuel.
- Le ticket modérateur s'élève à 10,80 euros par dose pour un assuré normal et à 7,20 euros par dose pour les patients bénéficiaires de l'intervention majorée.
La coqueluche
Qu'est-ce que la coqueluche ?
La coqueluche est une affection des voies respiratoires qu'il ne faut pas sous-estimer. La maladie n'est pas seulement extrêmement contagieuse, mais peut également être mortelle pour les nourrissons. Les quintes de toux peuvent en effet être tellement intenses que les bébés s'étouffent. Le risque pour les enfants plus âgés est moins important, mais les toux fortes persistantes peuvent toutefois endommager le cerveau et d'autres organes vitaux.
Existe-t-il un vaccin contre la coqueluche ?
Fort heureusement, oui ! Quatre doses sont administrées aux âges de 8, 12 et 16 semaines et à 15 mois. Un rappel est en outre fait entre 5 et 7 ans et entre 14 et 15 ans. Il est donc particulièrement important, surtout pour les enfants et les jeunes, d'être vaccinés contre la coqueluche.
Les adultes doivent-ils aussi être vaccinés contre la coqueluche ?
Oui, les personnes qui sont en contact avec des petits enfants font certainement bien de renouveler leur vaccin contre la coqueluche. Il s'agit :
- des futurs parents
- des familles avec bébés
- des personnes qui gardent des petits enfants, par ex. : les grands-parents
- des personnes qui travaillent avec des enfants
Les adultes peuvent en effet encore être contaminés par la coqueluche. Cela ne signifie pas nécessairement que la maladie va se déclarer, mais ils peuvent toutefois contaminer d'autres personnes. Un vaccin de rappel est dans ce cas fortement recommandé afin de ne pas faire courir un risque élevé aux petits enfants.
Les enfants, les adultes et les seniors
Les consignes et les conseils à propos des vaccinations changent parfois avec l'âge. Nous énumérons ci-dessous les trois catégories d'âge :
Les enfants
Pourquoi dois-je faire vacciner mon enfant ?
Prendre un bon départ, c'est déjà faire la moitié du chemin ! La vaccination s'impose pour protéger votre enfant de manière optimale dès le tout début. Certaines maladies infantiles et infectieuses ne sont en effet pas innocentes et peuvent causer des lésions permanentes, voire même entraîner la mort.
Qui peut vacciner mon enfant ?
- le médecin généraliste
- le pédiatre
- le médecin d'un bureau de consultation de l’ONE (pour les enfants de moins de 3 ans)
- le médecin scolaire du Centre PMS (dès que votre enfant va à l'école)
Contre quelles maladies dois-je faire vacciner mon enfant ?
En Belgique, seul le vaccin contre la polio est imposé par la loi. Cette maladie grave peut entraîner une paralysie des muscles, un rétrécissement des muscles et des malformations des jambes. Le vaccin contre la polio est administré aux âges de 8, 12 et 16 semaines et à 15 mois.
Attention : vous n'êtes donc pas obligé de faire vacciner votre enfant contre d'autres maladies, mais il vous est fortement recommandé de le faire. Il est donc conseillé de suivre le schéma de vaccination de base du Conseil supérieur de la Santé.
Ce schéma recommande de faire vacciner votre enfant contre les maladies suivantes :
- la diphtérie
- le tétanos
- la coqueluche
- l’Haemophilus influenzae de type b
- l'hépatite B (une forme de jaunisse)
- les pneumocoques
- le rotavirus
- la rougeole
- les oreillons
- la rubéole
A combien cela revient-il de faire vacciner mon enfant ?
Le coût de la majorité des vaccins administrés à un enfant, aux âges précis proposés par le calendrier vaccinal officiel, est intégralement supporté par les Communautés et le Fédéral. Ils sont donc totalement gratuits. Il existe toutefois des exceptions qui confirment la règle, comme par exemple, les vaccins contre le rotavirus et le papillomavirus humain. Pour ces vaccins, vous obtiendrez un remboursement partiel de votre mutualité.
Pour simplifier les démarches des parents, le Programme de vaccination de la Communauté française met à votre disposition des vignettes autocollantes nécessaires pour obtenir gratuitement les vaccins recommandés. Il vous suffit de demander au médecin de votre choix (médecin de la consultation ONE, médecin de la crèche, médecin scolaire, médecin généraliste ou pédiatre) de procéder aux vaccinations, au moment prévu par le calendrier vaccinal. En échange, vous remettez les vignettes correspondantes à votre médecin afin de lui permettre de reconstituer son stock.
Les adultes
Pourquoi est-il important d'être également vacciné en tant qu'adulte ?
Même lorsque votre enfance n'est plus qu'un lointain souvenir, il est important de ne pas perdre vos vaccinations de vue. En plus des affections infantiles, d'autres maladies infectieuses peuvent en effet se déclarer et il vaut donc mieux s'en protéger. Un rappel est en outre requis pour certaines maladies afin de rester immunisé. Tous les vaccins n'offrent en effet pas une protection à vie.
Comment les vaccinations sont-elles organisées chez les adultes ?
Jusqu'à la fin des études secondaires, un filet de sécurité garantit que les vaccinations des bambins et des étudiants sont généralement en ordre. Par la suite, les jeunes et les adultes doivent toutefois surveiller leurs vaccinations eux-mêmes et la vaccination demande donc une initiative personnelle.
Il est dès lors conseillé de discuter de vos vaccinations avec votre médecin généraliste et de demander des informations à votre pharmacien. Certains employeurs offrent en outre la possibilité à leurs employés de se faire vacciner par le médecin du travail.
Contre quelles maladies vaut-il mieux se faire vacciner en tant qu'adulte ?
Un vaccin de rappel est requis pour rester protégé contre certaines maladies. En voici quelques-unes :
- La diphtérie : même une personne qui a été vaccinée en tant qu'enfant contre cette maladie doit effectuer un rappel tous les 10 à 20 ans. Pour une personne qui n'a pas été suffisamment vaccinée en tant qu'enfant, une vaccination de base complète est requise.
- Le tétanos : un vaccin de rappel est également nécessaire tous les 10 à 20 ans pour une personne qui a été vaccinée enfant. Une personne qui n'a pas été vaccinée enfant doit également recevoir une vaccination de base complète.
- La coqueluche : pour cette maladie, un vaccin de rappel n'est nécessaire que pour les personnes qui n'ont pas reçu suffisamment de vaccinations en tant qu'enfant. Un vaccin de rappel est également recommandé aux jeunes adultes qui souhaitent avoir des enfants. Pour cette catégorie, il existe une intervention partielle depuis le printemps 2009.
- L'hépatite A (une forme de jaunisse) : ce vaccin est, entre autres, recommandé aux personnes qui voyagent dans des zones où le risque de contamination est élevé. Vous pouvez opter pour un vaccin combiné contre l'hépatite A et l'hépatite B.
- La grippe : une vaccination annuelle contre la grippe saisonnière est également recommandée pour certaines personnes à risques (par ex. : les personnes entre 50 et 64 ans, les personnes qui travaillent dans le secteur de la santé,…).
Qu'en est-t-il du remboursement des vaccins pour adultes ?
L'assurance maladie obligatoire intervient dans le coût de nombreux vaccins pour adultes. Le montant du remboursement dépend, entre autres, du type de vaccin et de votre situation personnelle. Certaines personnes ont par exemple droit à des vaccinations gratuites via le Fonds des maladies professionnelles, en raison de risques spécifiques à leur profession.
Pour plus d'informations sur les interventions pour un vaccin, vous pouvez vous adresser à votre mutualité et à votre médecin généraliste.
Les seniors
Pour les personnes âgées, les risques liés aux infections bactériennes et virales sont souvent plus importants que pour les jeunes. Pour couler des vieux jours heureux à l'abri des maladies infectieuses, il est dès lors recommandé aux seniors de se faire vacciner contre :
- Les pneumocoques : recommandé aux adultes de plus de 65 ans. Pour les personnes qui souffrent d'une affection chronique, il est recommandé de faire un vaccin de rappel tous les 5 à 7 ans.
- La grippe : le Conseil supérieur de la Santé impose le vaccin contre la grippe aux personnes de plus de 65 ans. Ce vaccin doit être administré chaque année entre fin septembre et début décembre. Les personnes de plus de 50 ans ont d'ailleurs une réduction de 40 % sur le prix du vaccin contre la grippe.
- La diphtérie et le tétanos : un vaccin de rappel est nécessaire tous les 10 à 20 ans pour ces maladies pour les personnes qui ont été vaccinées enfant. Une personne qui n'a pas ou insuffisamment été vaccinée auparavant doit recevoir une vaccination de base complète. Un vaccin combiné pour les deux maladies sera normalement administré.
Plus d'info
Vous voulez encore en savoir plus sur l'utilité des vaccins ? Vous pouvez également consulter les sites suivants :
- Sante.cfwb.be : site officiel de vaccination de la Communauté française
- Vaccination-info.be : site de l’asbl Question Santé reprenant le programme de vaccination de la Communauté française.
- Influenza.be : le site Internet du Commissariat interministériel Influenza
- Health.fgov.be/CSH_HGR : le site du Conseil supérieur de la Santé
- Itg.be : le site Internet de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers
Dernière mise à jour le 19/11/2009